Vidéo Apprentissage : il faut "reporter au 1er janvier" les coupes budgétaires imposées aux centres de formation, demande un professionnel

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Les jeunes rentrent majoritairement en septembre en apprentissage. L'annonce des réductions budgétaires faites au début de l'été par l'État prend les centres de formation un peu de court, conteste Olivier Gauvin. Il demande que les coupes soient reportées au 1er janvier.

Il faut "reporter au 1er janvier" les coupes budgétaires imposées aux centres de formation, a réclamé mercredi 17 août sur franceinfo Olivier Gauvin, délégué général de l'association Walt, qui représente 20% des professionnels du secteur de l’apprentissage. Il est à la tête de l’une des cinq fédérations de professionnels qui ont écrit début août à Emmanuel Macron pour lui demander de revoir les coupes budgétaires imposées aux centres de formation.

franceinfo : Pourquoi voulez-vous que le gouvernement revienne sur sa décision ?

Olivier Gauvin : C'est une très bonne idée de faire des économies mais la façon dont on va les faire est plus problématique et inquiète les acteurs de l'alternance et de l'apprentissage, autant dans le tempo que dans la méthode. Une annonce a été faite de 5% de réduction de prise en charge. Un CFA quand il forme un jeune est financé et doit faire une économie de 5% en moyenne. Tous les acteurs sont d'accord pour faire des efforts, mais ils ont appris mi-juillet qu'il y avait des baisses qui étaient beaucoup plus importantes.

"Les 5% sont une moyenne. Il y a des niveaux de prise en charge sur des métiers en tension qui peuvent baisser de 47%, c'est le cas pour les aides-soignants par exemple."

Olivier Gauvin, délégué général de l'association Walt

à franceinfo

Pour les maçons cela peut-être de 34%, dans l'informatique il peut y avoir des baisses entre 10% et 40%. Cela veut dire qu'à ce niveau, des formations peuvent s'arrêter. La méthode fait qu'aujourd'hui des sections d'apprentissage, des filières peuvent être en difficulté.

Que demandez-vous ?

On demande au gouvernement de décaler la mise en œuvre de la modification des niveaux de prises en charge qui doit se faire le 1er septembre. Les CFA et les écoles sont aussi des entreprises avec des investissements, des prévisions. Le 1er septembre c'est le moment où il y a le plus de jeunes à rentrer et on va devoir changer un système à ce moment-là. L'idée c'est de reporter au 1er janvier. Entre temps, travaillons sur ces écarts trop importants pour voir s'il n'y a pas des choses à faire, faisons des paliers.

Dans certaines filières les prix étaient parfois très différents. Certains n'ont-ils pas profité de l'essor de l'apprentissage ?

Peut-être mais dans ce cas-là il faut faire de la régulation et détecter ces écoles qui auraient majoré de façon importante les prix. L'apprentissage c'est d'abord un dispositif d'éducation, donc quand on veut développer une économie et des compétences il faut investir.

L'organisme France Compétences qui gère l'apprentissage est en déficit de 6 milliards cette année. Comment l'expliquez-vous ?

France Compétences est financé par les entreprises avec la taxe d'apprentissage qui a été mise en place il y a des années, et modifiée en 2018. C'est une partie de la masse salariale des entreprises qui permet de financer France Compétences. En 2018, 330 000 apprentis sont rentrés en France, l'année dernière ils étaient 732 000. Comment voulez-vous financer ces apprentis avec une masse financière qui ne change pas ? De fait, le déficit va s'accentuer.

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