Université : les loyers des logements étudiants du Crous seront gelés en 2020

Cette annonce "exceptionnelle" répond à une revendication des organisations étudiantes.

Mobilisation des étudiants devant le Crous de l\'université de Bordeaux, le 26 novembre 2019.
Mobilisation des étudiants devant le Crous de l'université de Bordeaux, le 26 novembre 2019. (VALENTINO BELLONI / HANS LUCAS)

Les loyers des logements étudiants publics du Crous n'augmenteront pas en 2020, annoncent dans un communiqué jeudi 28 novembre le Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires) et le ministère de l'Enseignement supérieur. Ces derniers répondent ainsi à une revendication des organisations étudiantes pour lutter contre la précarité des jeunes, après, notamment, l'immolation par le feu d'un étudiant de 22 ans, à Lyon, le 9 novembre dernier.

Le communiqué annonce "de manière tout à fait exceptionnelle" un gel du montant des loyers des 175 000 logements que gèrent les différents Crous, attribués en priorité aux étudiants boursiers. Ce gel représente un montant de six millions d'euros, d'après le communiqué, qui précise qu'une chambre Crous revient en moyenne à un étudiant à 100 euros par mois, tandis qu'un studio de 18 m² entièrement équipé coûte entre 150 et 200 euros par mois.

Une mesure "largement insuffisante", selon l'Unef

Le syndicat étudiant Unef estime dans un communiqué que c'est "un premier pas face à la précarité étudiante". Néanmoins, cette mesure "est largement insuffisante pour répondre à la précarité des étudiants", complète l'Unef. "Cette mesure défendue par l’Unef depuis des années et revendiquée par les organisations étudiantes ayant appelé à la mobilisation le 26 novembre est un premier pas face à la précarité étudiante", écrit l'Unef, en prévenant que le syndicat sera "vigilant quant à son application concrète dans les Crous".

"Ce gel est parcellaire car il ne concerne pas les résidences étudiantes du Crous détenues par les bailleurs sociaux", continue le syndicat étudiant dans son communiqué. "De plus, il est insuffisant car il ne garantit pas une amélioration de nos conditions de vie mais seulement une non-augmentation de nos dépenses de logement." L'Unef rappelle que le logement représente 69% du budget des étudiants, "ce gel doit donc être suivi d'une baisse des loyers dans les résidences Crous". Par ailleurs, le syndicat étudiant réitère les demandes de l'intersyndicale étudiante avec notamment une revalorisation des bourses de 20% ou encore l'augmentation du nombre de boursiers.

"Un premier pas", estime la Fage

De son côté, Orlane François, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), salue sur franceinfo cette mesure. "C'est une très bonne chose que cela aboutisse mais il faut désormais aller beaucoup plus loin." La Fage estime que ce gel est "un premier pas". "On demande un investissement immédiat pour revaloriser les montants des bourses, puis, dans un futur proche on demande une vraie réforme du système de bourses et plus généralement des aides sociales pour les étudiants", indique Orlane François.