"Nous n'avons pas de signe positif pour éradiquer la pauvreté à l'horizon d'une génération", lance ATD Quart Monde

 Marie-Aleth Grard, la présidente de l’association ATD Quart Monde, appelle à prendre un "virage social, écologique et démocratique".

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Radio France
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Marie-Aleth Grard, présidente d'ATD Quart Monde à Vaux-en-Velin le 15 mars 2022. (NORBERT GRISAY / HANS LUCAS)

"Nous n'avons pas de signe positif pour éradiquer la pauvreté à l'horizon d'une génération", a alerté mardi 26 avril sur franceinfo Marie-Aleth Grard, présidente de l’association ATD Quart Monde, alors que l'association lance sur son site un appel à Emmanuel Macron, tout juste réélu président de la République, à "un indispensable tournant social, écologique et démocratique pour en finir avec la pauvreté et faire face aux défis qui sont devant nous". La pauvreté est "une urgence oubliée" du quinquennat précédent et de la campagne présidentielle, estime Marie-Aleth Grard. L'association exhorte le chef de l'Etat à "se battre vraiment contre la grande pauvreté dans notre pays".

franceinfo : La pauvreté a-t-elle été oubliée pendant la campagne ?

Marie-Aleth Grard : C'est une urgence oubliée. Le président Macron, en septembre 2018, avait dit qu'il allait éradiquer la grande pauvreté à l'horizon d'une génération. Or, actuellement, 9,3 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté dans notre pays. Plus de 4 millions de personnes sont mal logées. Un million et demi de jeunes sont sans emploi, sans formation. Donc cela ne peut pas durer. Il faut absolument prendre ce virage social, écologique et démocratique. Ecologique et démocratique, parce que l'écologie cela concerne tout le monde, en particulier les populations les plus favorisées. Et démocratique parce que nous sommes inquiets après les résultats de ces élections. Nous sommes inquiets de l'état démocratique de notre pays. Pour l'instant, nous n'avons pas vu de signes positifs allant dans le sens d'éradiquer la pauvreté à l'horizon d'une génération. C'est-à-dire se battre vraiment contre la pauvreté et la grande pauvreté dans notre pays.

En ne parlant que du pouvoir d'achat pendant la présidentielle, une partie du problème n'a-t-elle pas été oubliée ?

Bien entendu, les gens ont perdu du pouvoir d'achat et perdent du pouvoir d'achat et ils sont inquiets. Et ils ont raison d'être inquiets, il faut se battre là-dessus, bien entendu. Mais pour les personnes dont nous parlons, les personnes qui vivent dans la grande pauvreté, c'est pire que le pouvoir d'achat. Parce que quand vous avez 500 euros pour vivre par mois, ce n'est plus une question de pouvoir d'achat, c'est une question de survie. Et il n'est pas possible d'avoir plus de trois millions de personnes dans notre pays qui sont en état de survie.

Emmanuel Macron a évoqué l'idée de conditionner le RSA à des heures de formation ou de l'activité. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas possible de conditionner le RSA à de l'activité. Le RSA, ce sont des personnes qui n'ont rien pour vivre et qui ont besoin de ce revenu de solidarité active pour pouvoir se nourrir, nourrir leur famille, pour pouvoir se loger et chercher un emploi. Donc, vous ne pouvez pas à la fois faire des activités, des heures de bénévolat, et aller chercher un emploi. Il faut vraiment, au contraire, avoir les personnes qui les accompagnent pour chercher un emploi. Il faut des personnes pour accompagner ces personnes qui sont au RSA.

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