Depuis le début de la crise sanitaire, "la précarité s'installe un peu partout", alerte le Secours populaire

Selon le secrétaire national du Secours populaire, Thierry Robert, 25% des jeunes déclarent vivre à découvert.

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Radio France
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Une distribution de nourriture et de produits d'hygiène du Secours populaire sur le campus de l'université de Perpignan le 1er avril 2021. (JEANNE MERCIER / HANS LUCAS)

Thierry Robert, secrétaire national du Secours populaire français, qui publie aujourd’hui, avec IPSOS, son quinzième baromètre annuel sur la précarité en France indique jeudi 9 septembre sur franceinfo que "la précarité s'installe un peu partout". La crise sanitaire a fait basculer une partie de la population dans la pauvreté, notamment les jeunes : "Nous sommes très inquiets sur la situation de la jeunesse", alerte-t-il.

franceinfo : La précarité en France semble-t-elle se nicher un peu partout ?

Thierry Robert : Oui, puisque 55% des personnes interrogées déclarent connaître autour d'elles, dans leurs proches environnement, famille ou amis, des personnes en situation de pauvreté. C'est dire que la précarité s'installe un peu partout. C'est 32% des personnes qui déclarent avoir des difficultés à payer leur loyer, leur emprunt ou les charges de leur logement. Et c'est aussi le secteur de la santé, puisqu'ils sont 28%, soit 8% de plus que l'année dernière, à avoir des difficultés à se payer une mutuelle.

Cette précarité touche-t-elle de nouvelles familles ?

Oui, avec une France qui n'est pas dans les seuils de calcul de la pauvreté, mais qui vit une situation de précarité. Nous avons par exemple la semaine dernière à Nantes, aidé des familles dans le cadre de la rentrée scolaire, avec du matériel scolaire que nous avions collecté et des achats de cartables neufs. Nous avons aidé des familles qui n'avaient pas la prime de rentrée scolaire. C'est dire qu'il y a des personnes qui sont rentrées dans une situation de privation, mais qu'ils ne sont pas du tout reconnues au sein des seuils de pauvreté, de précarité ou de systèmes sociaux.

La crise sanitaire a-t-elle fait basculer une partie de la population dans la précarité ?

Au Secours populaire, on reçoit maintenant, depuis le début de la crise sanitaire, des personnes qui étaient autoentrepreneurs ou qui travaillaient dans l'intérim. Nous avons aussi beaucoup de jeunes et nous sommes très inquiets sur la situation de la jeunesse qui a perdu une partie des jobs, notamment qui leur permettaient de financer leurs études. Nous avons été très présents à côté de cette jeunesse en situation de précarité. 25% des jeunes déclarent vivre à découvert.

Y a-t-il une attention particulière à avoir auprès des étudiants ?

Il y a un gros travail au niveau des étudiants, que ce soit pour l'accès aux moyens nécessaires pour leurs études, mais il y a aussi la question de l'emploi. Nous recherchons toutes les possibilités d'action facilitant l'accès à l'emploi pour la jeunesse et également pour les adolescents. Nous sommes en train de réfléchir aussi à la découverte des métiers parce qu'il est question d'adéquation entre l'offre d'emploi et les formations, l'apprentissage. Nous allons agir avec des partenaires pour que des jeunes, des adolescents découvrent les métiers de façon à se projeter sur leur avenir et qu'on puisse les accompagner.

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