Contrats de professionnalisation : pourquoi la CPME redoute le projet du gouvernement de supprimer l'aide à l'embauche d'un jeune salarié

Le gouvernement travaille sur un décret prévoyant de supprimer l'aide de 6 000 euros maximum pour les entreprises qui recrutent un salarié en contrat de professionnalisation. Un mauvais signal, selon la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).
Article rédigé par franceinfo
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Un plâtrier plaquiste fait une démonstration en élaborant une structure en placoplâtre, lors d'un salon d'apprentissage à Poitiers (Vienne), le 9 mars 2024. Image d'illustration. (JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS)

Dans son plan d'économies pour limiter le déficit public, le gouvernement veut couper certaines incitations à l'embauche d'alternants. D'après un projet de décret envoyé aux partenaires sociaux, le ministère du Travail prévoit de supprimer l'aide de 6 000 euros maximum versée aux entreprises qui recrutent un jeune salarié en contrat de professionnalisation. Cette aide exceptionnelle instaurée pendant la pandémie de Covid-19 serait abandonnée dès le 1er mai prochain. Une mauvaise idée, d'après la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

Avec la suppression de cette aide, "tout le monde sera perdant", redoute son président. François Asselin pense aux entreprises et surtout aux jeunes qui signent ces contrats de professionnalisation. Les "contrats pro" sont en perte de vitesse face à l'apprentissage, bien moins nombreux depuis 2020, mais ces formations courtes attirent de plus en plus de jeunes de plus de 26 ans sans emploi et sans diplôme, souvent en reconversion. Ils décrochent ainsi du travail dans le commerce, la construction ou l'industrie.

La CPME demande "une pause" du projet

Et sans l'aide à l'embauche, de 6 000 euros maximum, ils auront plus de mal à trouver un employeur, selon François Asselin. "Mine de rien, c'est un sacré engagement pour l'employeur de prendre quelqu'un en contrat de professionnalisation quand on sait qu'il a bien souvent tout à apprendre du métier. Donc c'est une aide qui permet de passer du temps pour le former, parfois pour l'équiper."

"Lorsqu'on remet en cause ce moyen d'accompagner un alternant, on risque très certainement d'arrêter certains contrats prévus dans les petites et moyennes entreprises à partir du 1er mai."

François Asselin, président de la CPME

à franceinfo

La CPME demande donc au gouvernement de mettre son projet de décret "en pause" et de ne pas toucher aux aides à l'alternance. En 2023, près de 116 000 contrats de professionnalisations ont été signés. C'est bien moins que les contrats d'apprentissage (852.000 en 2023). L'aide exceptionnelle de 6 000 euros pour l'embauche d'un apprenti n'est pas concernée par le projet de décret.

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