La Redoute : le protocole d'accord validé par la CFDT, la liquidation judiciaire évitée

Le syndicat a annoncé son accord, lundi 24 mars. Cela permet au groupe d'échapper à la liquidation judiciaire, mais 1 178 postes devraient être supprimés. 

Des employés de La Redoute bloquent l\'accès au site de Wattrelos (Nord), le 19 mars 2014. 
Des employés de La Redoute bloquent l'accès au site de Wattrelos (Nord), le 19 mars 2014.  (CITIZENSIDE /THIERRY THOREL / AFP)

La CFDT accepte de signer le protocole d'accord de la direction de La Redoute sur le plan social, lundi 24 mars. "Nous avons les éléments qui nous permettent ce soir de signer", a ainsi déclaré le délégué syndical central Jean-Claude Blanquart. Une majorité de syndicats - la CGT, la CFDT et SUD - avait rejeté ces modalités vendredi, mais la CFDT a changé d'avis pour sauver l'entreprise.

Qu'a obtenu la CFDT ?

Le syndicat a obtenu la garantie que les 180 millions d'euros prévus soient intégralement affectés à l'accompagnement des salariés sur le départ jusqu'en 2024 et non plus 2017, précise la correspondante de France 2 à Lille.

La base de la CFDT, premier syndicat de La Redoute avec près de 33% des votes aux dernières élections professionnelles, restait opposée à la signature qui permet à l'accord d'être majoritaire et donc entériné. "Nous sommes dans une problématique de dépôt de bilan, c'est la décision de la raison. (…) Je suis conscient que la décision qui a été prise est difficile, qu'on aura certainement beaucoup de salariés mécontents", a déclaré Jean-Claude Blanquart.

Après cette signature, quelles conséquences ?

La signature de la CFDT permet d'éviter la liquidation judiciaire, mais 1 178 des 3 437 postes de l'entreprise devraient être supprimés. Dans la matinée, "plusieurs centaines" de salariés, réunis en assemblée générale sur le site industriel de La Martinoire, à Wattrelos, avaient à nouveau voté à main levée "contre la cession en l'état" de La Redoute, explique le délégué CGT Fabrice Peeters. Après plusieurs reports, la direction avait fixé un nouvel ultimatum à lundi 19 heures pour obtenir une signature majoritaire, "apparemment sur demande de l'administratrice judiciaire", selon lui.

Ce ralliement ouvre la voie à un accord majoritaire et valide de fait le plan de cession. Le groupe Kering, en effet, a engagé la cession de La Redoute à Nathalie Balla et Eric Courteille, respectivement PDG de La Redoute et secrétaire général de sa maison mère Redcats, pour se recentrer sur le luxe. 

Kering s'est de son côté engagé à financer le projet des repreneurs et les mesures sociales à hauteur de 520 millions d'euros. La direction de La Redoute propose une indemnité minimale de départ volontaire de 20 000 euros, à laquelle s'ajoutent 750 à 1 200 euros selon les cas par année d'ancienneté, plus un mois de salaire pour les 50-54 ans et deux mois pour les 55 ans et plus. Les syndicats réclamaient une indemnité de base de 40 000 euros et 1 500 euros par année d'ancienneté.