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La Redoute : trois questions sur le bras de fer entre la direction et les syndicats

La direction du groupe va saisir le tribunal de commerce, après le refus des syndicats de signer le protocole d'accord proposé par l'actionnaire Kering.

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Des employés bloquent l'entrée du centre de La Redoute de Wattrelos (Nord), le 19 mars 2014. (THIERRY THOREL / CITIZENSIDE / AFP)

C'est non. Trois syndicats ont refusé, vendredi 21 mars, de signer le protocole d'accord proposé par Kering, l'actionnaire de La Redoute, malgré l'ultimatum de celui-ci. Quelques heures après, la direction s'est dite dans l'obligation de saisir le tribunal de commerce de Lille. "SUD, CGT et CFDT se sont prononcés contre la signature et les salariés sont prêts à aller jusqu'au bout", a indiqué à la presse Fabrice Peeters, délégué CGT. Francetv info revient sur ce dossier en trois questions.

Combien de postes sont en jeu ?

Kering (ex-Printemps-Pinault-La Redoute) a cédé La Redoute en décembre pour un euro symbolique à deux dirigeants de la société, Nathalie Balla et Eric Courteille, respectivement PDG de La Redoute et secrétaire général de sa maison mère Redcats, pour se recentrer sur le luxe.

Les deux dirigeants ont annoncé, le 9 janvier, la suppression de 1 178 des 3 437 postes de l'entreprise. Ils ont précisé que ces départs, dont 700 au maximum seraient contraints, seraient étalés sur quatre ans. De son côté, Kering s'est engagé à financer le projet des repreneurs et les mesures sociales à hauteur de 520 millions d'euros.

Qu'est-ce qui bloque ?

Le protocole d'accord de la direction sur les mesures d'accompagnement social, pour lequel Kering espérait un accord majoritaire, prévoit notamment 20 000 euros de plancher pour les indemnités de départs volontaires et 750 à 1 200 euros par année d'ancienneté, en fonction des cas.

L'intersyndicale CFDT-CGT-SUD, elle, réclamait 40 000 euros de plancher, plus 1 500 euros par année d'ancienneté et 36 mois de congé de reclassement. Elle demandait aussi que cette même somme soit bloquée pour les salariés qui ne seraient pas touchés par le plan social.

"Aujourd'hui, la direction ne veut rien entendre et prend la CFDT en otage (...), cela a été un crève-cœur [de ne pas signer], mais nous sommes toujours prêts à entrer en négociations", a déclaré Nicole Delebecque, secrétaire (CFDT) du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), pour qui "l'accord n'est pas acceptable".

Quelle est la prochaine étape ?

La direction de La Redoute a annoncé vendredi qu'elle saisissait le tribunal de commerce. "En l'absence d'accord majoritaire sur le socle de mesures sociales et en anticipation de l'arrêt du financement de l'exploitation de La Redoute par Kering, la direction a l'obligation d'informer le président du tribunal de commerce de Lille des difficultés financières auxquelles est confrontée l'entreprise", écrit la direction de La Redoute dans un communiqué.

Comme l'explique francetv info dans cet article, une entreprise en difficulté peut demander à être placée en redressement judiciaire, une procédure destinée à permettre sa sauvegarde. Le redressement judiciaire est assuré selon un plan arrêté par décision de justice à l'issue d'une période d'observation, ce plan prévoyant soit la continuation de l'entreprise, soit sa cession.

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