Pourquoi l'union bancaire devrait vous intéresser

Présentée comme la plus grande avancée depuis l'union monétaire, elle doit doter l'Union européenne d'une boîte à outils destinée à éviter une nouvelle crise bancaire.

Michel Barnier, le commissaire européen chargé des Services financiers, le 24 juillet 2013 à Bruxelles. 
Michel Barnier, le commissaire européen chargé des Services financiers, le 24 juillet 2013 à Bruxelles.  (ERIC VIDAL / REUTERS)

Après l'union monétaire, l'union bancaire. Les ministres des Finances de l'UE ont fait un pas supplémentaire vers cette nouvelle étape de la construction européenne dans la nuit du mercredi 18 décembre, en scellant un accord, censé devenir réalité début 2015. C'est le plus grand saut fédéral depuis la création de l'euro, notent Les Echos

Son objectif : éviter de faire peser sur les Etats et les contribuables les faillites d'établissements bancaires. Si le principe peut paraître simple, son mécanisme est beaucoup plus complexe et reste, malgré cet accord politique, encore obscur. Francetv info détaille les grandes lignes de cette première étape et vous explique pourquoi l'union bancaire mérite que vous vous y intéressiez.

Parce que les épargnants seront davantage protégés

Souvenez-vous de la crise chypriote, durant laquelle les épargnants avaient été largement ponctionnés pour résorber les dettes de leurs banques. C'est le scénario que veulent éviter les dirigeants européens. Pour cela, ce seront dans un premier temps les actionnaires qui seront mis à contribution, puis les créanciers obligataires et enfin, en dernier ressort, les déposants, mais seulement ceux dont les dépôts sont supérieurs à 100 000 euros. Parmi eux, les PME et les personnes physiques bénéficieront d'un traitement préférentiel. 

Parce que les contribuables ne seront (à terme) plus mis à contribution

Si cela ne suffit pas, un fonds de résolution unique (FRU) européen prendra le relais. Le projet prévoit en effet qu'à terme, les banques elles-mêmes financent le coût d'un éventuel démantèlement, par le biais de contributions annuelles. "Que les banques payent pour les banques (…) plutôt que les contribuables", a ainsi résumé, jeudi 19 décembre sur RTL, Michel Barnier, le commissaire européen chargé des Services financiers. 

Il y a toutefois un bémol : ce mécanisme suppose que les Etats, et donc les contribuables, assurent le financement le temps de constituer les réserves nécessaires à partir des contributions bancaires. Un fonds qui doit atteindre les 60 milliards d'euros au bout de dix ans.

Parce que les banques les plus fragiles seront facilement identifiables

Dans cette union bancaire, la Banque centrale européenne jouera le rôle de gendarme. Une mission nouvelle qui va nécessiter, jusqu'en 2014, un audit des établissements bancaires. Elle va les tester, avec des "stress tests", pour passer en revue la qualité de leurs actifs et repérer les maillons faibles. Elle agira directement pour les 128 plus grandes banques et indirectement pour les autres, détaille Le PointL'hebdomadaire estime qu'ainsi, en théorie, les contrôles devraient être "plus sévères que s'ils étaient assurés uniquement par des autorités nationales, naturellement enclines à faire preuve de mansuétude vis-à-vis de leurs établissements".

Parce que cela aidera à faire revenir la confiance, donc la croissance

Il faut garder en tête que l'objectif de cette union est de briser un cercle vicieux. S'il n'y a pas de croissance en zone euro, c'est notamment parce que les crises bancaires et les crises des dettes souveraines des pays entretiennent le manque de confiance, détaillent Les Echos : "En bout de course, ce sont les prêts à l'économie réelle qui en pâtissent." En mettant en place ce mécanisme, les dirigeants européens visent à rassurer les marchés sur l'avenir des banques des pays les plus fragiles, restaurer la confiance, et ainsi favoriser la croissance.