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Germanophobie : Fillon presse Hollande de "mettre un terme aux dérapages de ses amis"

Pour le Premier ministre, le candidat à l'élection présidentielle ne peut pas "être l’otage complaisant d’une dérive stupide aux relents germanophobes".

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France Télévisions
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Le Premier ministre, François Fillon, lors de la convention des cadres de l'UMP, le 26 novembre 2011. (PIERRE VERDY / AFP)

La polémique n'en finit pas de rebondir. François Fillon estime dimanche 4 décembre qu'il est "grand temps" pour François Hollande de trouver "la fermeté de mettre un terme aux dérapages de ses amis", un candidat à la présidentielle ne pouvant "être l'otage complaisant d'une dérive stupide aux relents germanophobes". "Nicolas Sarkozy n'a pas de leçon de patriotisme à recevoir de la part de ceux qui croient défendre l'intérêt national en caricaturant nos amis allemands", explique le Premier ministre à Asnières-sur-Oise (Val-d'Oise).

Au coeur de la polémique : la gestion de la crise de la dette au sein de la zone euro par le couple franco-allemand. Pour les socialistes, la politique imposée par Angela Merkel face à la crise et l'attitude du président de la République face à la chancelière allemande ne sont pas acceptables. "Bismarck", "ordre allemand", "germanophobie"… depuis quelques jours, les déclarations polémiques s'enchaînent à tel point que le directeur de campagne de François Hollande a dû faire une mise au point vendredi 2 décembre. Zoom sur ces mots qui ont fait débat.

• "Politique à la Bismarck", "ordre allemand", "Daladier à Munich"

Arnaud Montebourg plaide mercredi 30 novembre en faveur d'une confrontation dure avec la chancelière allemande. Il accusait Angela Merkel "d'imposer à la zone euro un ordre allemand" par "nationalisme" et de mener une "politique à la Bismarck". Otto von Bismarck, le premier chancelier allemand, fut célèbre pour son casque à pointe et surtout pour avoir déclaré la guerre à la France en 1870.

Dans une tribune publiée jeudi 1er décembre sur son blog, Arnaud Montebourg a souligné que cette comparaison n'était pas de lui mais de Sigmar Gabriel, le président du SPD, le parti socialiste allemand, et datait du "printemps dernier".

La semaine précédente, le député socialiste Jean-Marie Le Guen avait affirmé que la rencontre à Strasbourg entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sur la crise de l'euro, c'était "Daladier à Munich". Il comparaît ainsi le chef de l'Etat à Edouard Daladier signant avec Adolf Hitler en 1938 les accords de Munich.

• "Du Front national à gauche"

L'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit, de nationalité allemande, a regretté mercredi "ce type de déclarations à la hussarde". Il s'insurge contre les déclarations d'Arnaud Montebourg aux "relents de nationalisme" et dénonce "du Front national à gauche".

• "Europe à la schlague"

La présidente du Front national Marine Le Pen dénonce, elle, le discours de Toulon, prononcé par Nicolas Sarkozy jeudi 1er décembre. Elle y voit "l'annonce d'une Europe à la schlague, c'est-à-dire l'Europe qui entraîne la perte de notre souveraineté". Schlague est un mot allemand qui peut se traduitre par gifle ou coup.

• "Germanophobie"

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, dénonce vendredi les socialistes qui "prennent les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie", après les déclarations de responsables de gauche critiquant la politique européenne de l'Allemagne. "Il est honteux, par hargne partisane, de fragiliser notre acquis le plus précieux: la réconciliation, l'amitié franco-allemande", s'insurge le ministre. "Le programme du PS con¬siste-t-il à revenir cent ans en arrière ?", s'interroge Alain Juppé, dans les colonnes du Figaro

• "Relents et sentiments anti-allemands"

Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande a voulu calmer le jeu vendredi en répondant à Alain Juppé et en taclant indirectement Arnaud Montebourg. "La gauche ne doit pas, en aucune façon, ranimer des relents, et des sentiments anti-allemands" et "le couple franco-allemand est plus que jamais nécessaire pour sortir de la crise en Europe", a souligné Pierre Moscovici, ajoutant que "François Hollande en est convaincu et le dira dès dimanche à Berlin au congrès du SPD (Parti socialiste allemand) dont il est l'invité".

• "Alliance franco-allemande"

Sur la même ligne que Pierre Moscovici, Jean-Marc Ayrault, autre proche de François Hollande, joue l'apaisement et juge "nulles et non avenues" les déclarations d'Alain Juppé. Et le parton des députés socialistes ajoute : "Toute l'histoire de la construction européenne, dont nous avons été parmi les architectes, montre notre attachement à l'alliance franco-allemande dans la continuité de la main dans la main Mitterrand/Kohl".

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