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Menace sur le AAA français : Baroin relativise, Juppé s'inquiète, Hollande condamne

L'avertissement est tombé comme un coup de massue : l'agence Standard & Poor's place 15 Etats européens de la zone euro sous surveillance négative. Mention spéciale pour la France, dont le AAA pourrait être dégradé de deux crans. Entre inquiétude et prise de distance, les principales réactions politiques.
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Radio France
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 (Gilles Halais Radio France)
Baroin : la menace est antérieure aux annonces Merkel-Sarkozy

Le ministre de l'Economie relève que la mise sous surveillance
concerne la zone euro, et non la France en particulier. Une zone euro
qui a "des problèmes d'instabilité, de coordination budgétaire, de
convergence fiscale",
précise-t-il.
Par ailleurs, l'annonce de Standard & Poor's n'intègre pas les propositions de Paris et Berlin destinées à résoudre la crise de la zone euro (nouveau traité, règle d'or harmonisée, sanctions automatiques...), relativise encore François Baroin.
Le ministre reste convaincu que la France n'aura aucun problème pour emprunter en 2012.

Juppé : le menace est à "prendre au sérieux"

Standard & Poor's met une pression particulière sur la France, note de son côté Alain Juppé. L'agence annonce en effet qu'elle pourrait dégrader de deux crans la note française, contre seulement un pour les cinq autres pays AAA de la zone euro.
"Nous savons que nous avons plus d'efforts à faire que d'autres, c'est sûr", reconnaît Alain Juppé. "C'est une menace, ce n'est pas une décision, mais bien sûr qu'il faut la prendre au sérieux", conclut-il. Tout en assurant que les propositions franco-allemandes constituent la "réponse" à l'avertissement de S&P.

"La situation est grave, le pays a besoin d'union" (Nicolas Sarkozy,
cité par un proche)

Pas de réaction officielle pour l'instant du côté de l'Elysée. Mais l'un des proches de Nicolas Sarkozy rapporte ces propos du chef de l'Etat : "La situation est grave, le pays a besoin d'union". Le président Sarkozy aurait également relevé que l'avertissement de S&P avait été lancé "avant" le mini sommet franco-allemand de lundi.

Hollande : "l'échec de la politique" Sarkozy

"C'est le président de la République qui a dégradé tous nos comptes publics", estime sans détour le candidat socialiste à la présidentielle. Cette menace "marque un échec de la politique qui est conduite depuis cinq ans", poursuit François Hollande. Qui se déclare hostile à l'introduction, avant le scrutin présidentiel, d'une règle d'or.

Juncker : un avertissement "follement exagéré"

"Je ne suis pas troublé, mais je suis stupéfait, vu les efforts significatifs ces derniers jours pour surmonter la crise, notamment les programmes d'économies en Italie et en Irlande", s'emporte le président de l'Eurogroupe.
Jean-Claude Juncker qualifie l'avertissement de Standard & Poor's de "folle exagération et aussi injuste".

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