La première journée décevante de Facebook au Nasdaq

Démarrage en retard, variation en dents de scie, acheteurs sceptiques... La première journée de Facebook en Bourse a été plus hésitante qu'attendu.

Facebook est entré au Nasdaq, le vendredi 18 mai 2012.
Facebook est entré au Nasdaq, le vendredi 18 mai 2012. (SHANNON STAPLETON / REUTERS)

Mark Zuckerberg est sous pression. Vendredi 18 mai, Facebook a mis en vente plus de 421 millions d'actions, cotées à 38 dollars (29,84 euros) au Nasdaq. Pour cette introduction, la plus importante jamais vue dans le secteur des nouvelles technologies, Facebook a levé 16 milliards de dollars (12,6 milliards d'euros). Mais à l'issue de cette première journée, les actionnaires potentiels semblent avoir hésité. L'entrée en Bourse a été décevante pour Facebook  qui a pris moins de 1%.

• Mark Zuckerberg sonne l'overture du Nasdaq

C'est parti. En baskets et sweat à capuche comme à son habitude, le patron de Facebook Mark Zuckerberg a ouvert la séance du Nasdaq, exceptionnellement depuis le siège de sa société, en Californie, à 6 heures locales (15 heures à Paris). Entouré de centaines de salariés, sourire aux lèvres, il est apparu détendu pour déclencher la plus importante entrée en Bourse d'une entreprise de high-tech.

• Faux départ…

Les débuts du site communautaire en Bourse, ont été un peu retardés. "Il y a eu trop de commandes et le Nasdaq ne pouvait pas répondre", a commenté Peter Cardillo, stratège chez Rockwell Global Capital. Mais dès son lancement à 15h30 (heure de Paris), quelque 82 millions d'actions "FB" (sur les 421 millions mis en vente) ont changé de mains au cours en 30 secondes. Avec un prix de départ fixé à 38 dollars (29,84 euros), le titre a bondi à 42,05 dollars (33,15 euros), dans les tout premiers échanges, pour toucher son niveau maximum à 45 dollars (35,36 euros).

• … et faux espoir

Vers 17h50, un peu plus de deux heures après son introduction, l'action du champion des réseaux sociaux a annulé ses gains. La valeur qui avait grimpé de 12% est tombée à 0% (38 dollars) en moins de vingt minutes.

Reprenant finalement un peu de hauteur, elle cotait 41 dollars (32,19 euros) vers 19 heures (à Paris). "La réaction (des investisseurs) est un peu moins enthousiaste que beaucoup l'espéraient", a commenté Gerard Hoberg, professeur de finances à l'Université du Maryland, notant que, en moyenne depuis une vingtaine d'années, "un bond de 15% est plus habituel" pour les premiers échanges en Bourse.

Selon lui, cette performance en demi-teinte s'explique par le fossé séparant d'un côté les petits porteurs voulant leur part d'une marque célèbre et de l'autre les milieux financiers. "Les professionnels qui ont examiné les chiffres derrière Facebook avaient plus de doutes", explique-t-il."Facebook fait une performance terne parce que la direction n'a pas répondu aux questions" sur ses performances et ses perspectives, a réagi Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research.

• Clôture : le flop

Beaucoup de tapage pour pas grand chose ? L'entrée en Bourse du réseau social sur internet s'est finalement terminée sur une déception. L'action a péniblement arraché une hausse de moins de 1% par rapport à son cours d'introduction, à 38,23 dollars (29,91 euros). Cela représente précisément une hausse de 0,61%, après prise en compte des derniers arbitrages.