Comment un faux communiqué a fait plonger l'action de Vinci de plus de 18%

Relayé par l'agence Bloomberg, mardi, ce document annonçait de mauvais résultats pour le groupe et le licenciement de son directeur financier.

Le logo d\'une filiale du groupe Vinci à Vertou, en Loire-Atlantique, le 18 mars 2016.
Le logo d'une filiale du groupe Vinci à Vertou, en Loire-Atlantique, le 18 mars 2016. (STEPHANE MAHE / REUTERS)

Des comptes moins bons que prévus, le renvoi d'un dirigeant du groupe : un communiqué présenté comme émanant de Vinci, repris mardi 22 novembre par plusieurs médias, a suscité un vent de panique chez les investisseurs. Mardi après-midi, l'action du groupe a plongé de 18%. Pourtant, tout était faux. Le groupe de BTP a "formellement" démenti, sur son site, le contenu de ce "faux communiqué".

Vinci affirme que la rumeur est partie de la publication de ce faux document par le site américain Bloomberg, peu après 16 heures mardi. Plusieurs médias, dont l'AFP, avaient reçu ce communiqué de presse mensonger sans pour autant le relayer.

"Nous avons été 'hackés'"

Le texte prétendait que Vinci avait licencié son directeur financier après avoir découvert d'énormes erreurs d'écritures comptables, relatives à ses exercices 2015 et du premier semestre 2016, portant sur quelque 3,5 milliards d'euros.

"Nous avons été 'hackés' et nous allons saisir l'AMF", l'Autorité des marchés financiers, a indiqué Vinci. L'AMF a assuré "suivre de près ce dossier", et se réserve le droit "d'étendre ses investigations". Aucune information n'a filtré sur l'origine de ce faux communiqué, mais les grands groupes mondiaux font régulièrement l'objet de ce type de falsifications.

Après avoir plongé de plus de 18%, le titre Vinci a été suspendu pendant une demi-heure. A la reprise de la cotation, et après le démenti du groupe, il a repris de la valeur, mais avait tout de même chuté de 3,76% à la fin de la séance, dans un marché en hausse de 0,41%.