Volkswagen aggrave son cas avec une fraude au CO2 sur des voitures diesel et essence

Au total, 800 000 véhicules sont concernés, dont 98 000 voitures essence. A la suite de cette annonce, l'agence financière Moody's a abaissé d'un cran la note de la dette du groupe automobile.

Un concessionnaire près de Bonn, en Allemagne, le 4 novembre 2015. Volkswagen a fait état d\'\"irrégularités\" sur les émissions de CO2 de 800 000 voitures.
Un concessionnaire près de Bonn, en Allemagne, le 4 novembre 2015. Volkswagen a fait état d'"irrégularités" sur les émissions de CO2 de 800 000 voitures. (WOLFGANG RATTAY / REUTERS)

Rien ne va plus pour Volkswagen. Après le trucage à grande échelle de ses moteurs diesel, le groupe automobile allemand a avoué de nouveaux mensonges sur le dioxyde de carbone, mardi 3 novembre. Il a fait état d'"irrégularités" sur les émissions de CO2 de 800 000 voitures, un aveu qui a conduit l'agence financière Moody's à abaisser d'un cran, de A2 à A3, la note de l'entreprise.

Concrètement, les émissions de CO2 – déterminant dans le réchauffement climatique – de certains véhicules de marque VW, Skoda, Audi et Seat sont plus élevées que ce que le constructeur promet sur le papier. Il s'agit principalement de voitures à moteur diesel, mais 98 000 sont des voitures à moteur essence, a précisé le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt.

100 g/km de CO2 au lieu des 90 affichés

Le quotidien allemand FAZ donnait mercredi en exemple la Golf Blue Motion de VW, qui émet plus de 100 grammes de CO2 par kilomètre, au lieu des 90 g/km affichés dans ses spécifications techniques. Le plafond imposé par les normes européennes est actuellement de 130 g/km.

Cette révélation tombe au pire moment pour Volkswagen, mettant à nu un groupe apparemment gangrené par les mensonges et les tricheries. "La confiance [en Volkswagen] est complètement anéantie", estime l'expert automobile allemand Ferdinand Dudenhöffer. La fraude – qui, contrairement à celle dévoilée il y a six semaines, n'implique pas le recours à un logiciel ou autre manipulation – a été découverte au cours de l'enquête interne menée par le groupe, dont le nouveau patron, Matthias Müller, a promis de tout remettre à plat.

Un coût supplémentaire de deux milliards d'euros

Volkswagen, dont les résultats ont viré au rouge au troisième trimestre du fait du scandale, évalue à deux milliards d'euros le "risque financier" supplémentaire de cette nouvelle affaire, anticipant que certains clients voudront être remboursés.

Le rappel prévu pour remettre aux normes les 11 millions de véhicules équipés d'un logiciel capable de fausser les résultats des tests antipollution mesurant les oxydes d'azote (NOx) émis doit déjà coûter des milliards d'euros à Volkswagen.

L'action dévisse en Bourse

Les révélations sur le CO2 sont par ailleurs arrivées seulement un jour après de nouvelles accusations à l'encontre des moteurs diesel : selon l'agence pour l'environnement EPA, Volkswagen aurait triché aussi sur les émissions de NOx avec des moteurs de 3 litres, et pas seulement des moteurs plus petits comme on le savait jusqu'ici. Volkswagen a démenti l'installation d'un logiciel truqueur mais, "celui qui a menti une fois, on ne le croit plus", commente le FAZ.

Le groupe doit en outre s'attendre à des pénalités et va faire l'objet d'une kyrielle de procès, de clients floués et d'actionnaires qui ont laissé des plumes dans la dégringolade du cours de Bourse. Mercredi, l'action Volkswagen a clôturé sur une perte de 9,5%.