Grève des raffineurs : "On va arriver à 20% de pétrole en moins à la pompe dans les prochains jours", affirme la CGT

"On assiste à un durcissement du mouvement", estime Thierry Defresne, délégué central CGT chez Total, alors que deux raffineries sur huit sont à l'arrêt. 

La raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne (illustration).
La raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne (illustration). (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Alors que depuis le 5 décembre dernier, les huit raffineries de France sont perturbées par le mouvement de grève contre la réforme des retraites, Thierry Defresne, délégué central CGT chez Total, annonce lundi 23 décembre sur franceinfo que l'on assiste à "un durcissement du mouvement".

Concrètement, désormais deux raffineries sur huit sont à l'arrêt, celle de Grandpuits et celle de Lavéra, près de Martigues. Ainsi, la CGT prévoit une baisse de 20% de la production de pétrole dans les prochains jours.

"Le gouvernement fait la sourde-oreille"

"On assiste à un durcissement du mouvement car le gouvernement continue de faire la sourde-oreille", gronde en préambule le délégué central de la CGT chez Total. Ce durcissement se traduit par l'arrêt des installations dans deux sites différents : "C'est le cas de deux raffineries sur huit, détaille Thierry Defresne. Par ailleurs, la raffinerie de Normandie a subi une avarie le 14 décembre. Elle ne délivrera du produit que dans les trois prochains jours. On va donc arriver à 20% de production de pétrole en moins à la pompe dans les jours à venir."

Quelles seront les premières régions touchées par ces difficultés d'approvisionnement à la pompe ? Pour Thierry Dufresne, cela ne fait aucun doute : "En région parisienne, la situation est déjà extrêmement tendue. Le gros dépôt de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) est quasiment à sec. Il lui reste trois jours de gazole et d'essence. Les camions vont chercher le produit de plus en plus loin, jusqu'à Valenciennes dans le nord, mais également dans l'est de la France. Les stocks sont donc très tendus. Et l'arrêt de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) ne va pas améliorer la situation en région parisienne".

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L'approvisionnement dans certaines stations-services est déjà très perturbé. Et ce n'est que le début selon le délégué central de la CGT chez Total. "En région PACA et en région parisienne, deux zones très tendues, affirme-t-il, il est possible que la distribution de produits (essence et gazole, ndlr) soit très impactée entre Noël et le jour de l'an". D'après lui, "360 stations connaissent une pénurie sur au moins un produit. Tout cela va s'accélérer dans les jours à venir."

On a déjà des stations à sec. Il y en a aujourd'hui une cinquantaine sur 2 000 stations Total.Thierry Defresneà franceinfo

Quant à savoir si le durcissement du mouvement va entrainer de nouvelles fermetures de raffineries, Thierry Dufresne explique qu'il peut y avoir "un effet domino", notamment en région PACA : "On sait qu'il y a une grève des remorqueurs en région PACA. De nombreux pétroliers sont donc en rade à Marseille. Ils ne peuvent pas accoster. Des raffineries qui ne sont pas en grève vont donc avoir des difficultés d'approvisionnement en pétrole brut et qui elles vont donc peut-être devoir s'arrêter de fonctionner."