Blocage des routiers : 15 opérations prévues samedi pour protester contre la hausse de la fiscalité du gazole

Ces manifestations, en pleine grève des transports publics, prendront la forme de barrages filtrants ou d'opérations escargot. 

Blocage des transporteurs routiers à Valenciennes (Nord), le 28 novembre 2019.
Blocage des transporteurs routiers à Valenciennes (Nord), le 28 novembre 2019. (MAXPPP)

Une organisation professionnelle de transport routier prévoit de mener 15 opérations de blocage samedi 7 décembre en France pour protester contre la hausse de la fiscalité du gazole décidée par le gouvernement. "On a répertorié un petit peu moins d'un millier de véhicules au total" qui seront mobilisés samedi "sur les 15 blocages" organisés à travers la France, a déclaré à Jean-Marc Rivéra, délégué général de l'OTRE, la troisième organisation du secteur.

Ces manifestations, en pleine grève des transports publics, prendront la forme de barrages filtrants ou d'opérations escargot. Elles ne sont toutefois pas soutenues par les deux principales organisations du métier, FNTR et TLF.

Des blocages éloignés des agglomérations

Les blocages toucheront par exemple des péages autoroutiers dans les environs de Toulouse ou bien l'autoroute A8, dans le sens Italie-France, près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), selon une carte diffusée par l'OTRE. En tout, 11 régions sont concernées. Les routiers prévoient de laisser passer les voitures, mais les barrages devraient tout de même entraîner des perturbations du trafic.

L'idée est d'être "assez éloigné des agglomérations" et de manifester le samedi "pour épargner le citoyen qui va travailler la semaine", a expliqué Jean-Marc Rivéra. "Les points choisis sont à proximité des zones frontalières ou sur des axes à fort transit de véhicules étrangers", a-t-il expliqué.

Les routiers dénoncent une hausse de 2 centimes de leurs taxes sur le gazole dans le projet de loi de finances pour 2020. Cette mesure, qui doit rapporter 140 millions d'euros en année pleine, est destinée à financer les infrastructures de transports. Elle a été approuvée par l'Assemblée nationale le 17 octobre, puis supprimée par le Sénat en première lecture. Une commission mixte paritaire doit se réunir le 12 décembre pour tenter de trouver un accord sur un texte.

Inquiétude sur la compétitivité

Les organisations professionnelles estiment que les routiers sont déjà très taxés. Ils déplorent que la hausse du gazole touche uniquement les routiers français et réduit leur compétitivité alors que les étrangers font le plein dans les pays voisins où le carburant coûte moins cher.

Pour financer les infrastructures, l'OTRE, comme la FNTR et TLF, plaident pour la mise en place d'une éco-contribution qui serait réglée par le chargeur et épargnerait les transporteurs. Le gouvernement estime de son côté avoir pris toutes les dispositions pour que les transporteurs puissent répercuter la hausse du prix du gazole à leurs clients.