Biocarburants : le gouvernement veut dynamiser la filière pour le secteur aérien

La Commision européenne vise 20% de biocarburants pour faire fonctionner les réacteurs des avions d'ici 2030. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement investit 200 millions d'euros dans cette filière naissante. 

Article rédigé par
Boris Hallier - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Un Airbus A350 de la compagnie aérienne Lufthansa avant le décollage à l'aéroport de Munich, le 3 juin 2020 (illustration). (CHRISTOF STACHE / AFP)

Le secteur aérien est souvent pointé du doigt pour son impact sur les émissions de gaz à effet de serre et on est encore bien loin d'avoir des avions électriques. La Commission européenne l'a reconnu dernièrement : "Les options pour décarboner l'aviation sont limitées". L'une des pistes est l'utilisation de biocarburants, un secteur encore balbutiant mais qui doit se développer ces prochaines années. Le gouvernement lance un appel à projet pour développer la filière des carburants durables destinés à l'aviation et débloque 200 millions d'euros.

Du bois ou de la paille transformés en carburant

Dans l'usine-test de Venette, près de Compiègne dans l'Oise, un hangar stock des copeaux de bois. "Ce qu'on a sous les yeux, c'est la biomasse", explique Laurent Bournay, l'un des responsables du projet. Ces copeaux de bois ou de la paille seront transformés en biocarburants pour l'aviation. "La première étape, c'est le séchage et puis ensuite il y a la torréfaction, autour de 300 degrés. Une fois que ce bois a été traité, il est envoyé à Dunkerque avant de devenir un biocarburant, un biodiesel ou un biokérosène." 

Le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari visite l'usine de démonstration de biocarburants de deuxième génération à Venette près de Compiègne, le 27 juillet 2021.  (BORIS HALLIER / FRANCE-INFO)

Il s'agit d'un agrocarburant dit de deuxième génération puisqu'il n'est pas produit à partir de culture alimentaire, comme le colza ou la betterave. Le bois utilisé ici vient en partie de la forêt de Compiègne, explique Laurent Bournay. "Il faut savoir que la forêt, au moment où on la plante, il y a au fur et à mesure de la croissance des éclaircies qui sont nécessaires pour laisser pousser les plus beaux arbres. À ce moment, ça génère du bois qui n'est pas forcement valorisable comme bois d'œuvre. La paille, c'est la même philosophie."

"On essaye de valoriser les excédents de paille et pour avoir à la fin un produit qu'on veut vertueux pour l'environnement."

Laurent Bournay

à franceinfo

D'après les estimations, les biocarburants réduisent de 90% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à un kérosène classique. Cependant, dans l'aviation leur utilisation reste anecdotique. "Sur les biocarburants de première génération, c'était déjà plus cher. Là, on est sur un facteur de quatre à six fois le prix d'un kérosène classique", poursuit Laurent Bournay. 

Objectif : plus de 60% de biocarburants d'ici 2050

Après cette phase de test, l'enjeu est de lancer la phase industrielle pour produire en grande quantité espère Jean-Baptiste Djebbari, le ministre chargé des Transports. "Il y a un travail qui est fait au niveau européen pour, à la fois, mettre de plus en plus de biocarburants dans les moteurs existants et puis être au rendez-vous du soutien au prix pour que le prix du billet d'avion ne soit pas trop défavorablement impacté par cette transition énergétique". 

L'objectif de la Commission européenne est de passer de 2% de biocarburants pour faire fonctionner les réacteurs en 2025, à 20% en 2030 et même 63% d'ici 2050.

Biocarburants : le gouvernement veut dynamiser la filière pour le secteur aérien, le reportage de Boris Hallier
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