Les voitures de plus de 15 ans interdites dans 79 communes d'Île-de-France : "Il faudra accompagner les usagers", nuance le patron de l'association Respire

Les véhicules vignettes Crit'air 4 et 5 seront interdits de circulation à partir du 1er juin dans les 79 communes de la petite couronne parisienne.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La fin des Crit'air 4 et 5 le 1er juin 2021 dans les 79 communes de la petite couronne parisienne. (PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP)

L'interdiction des voitures aux vignettes Crit'air 4 et 5 (diesels de 15 ans et plus) est élargie, dès le mardi 1er juin, à l'ensemble des 79 communes de la petite couronne parisienne, à l'intérieur du périmètre de l'autoroute A86. Elle était déjà en place dans la ville de Paris. "Cette mesure va dans le bon sens", salue Tony Renucci, directeur par intérim de l'association Respire, "mais il faudra l'appliquer réellement et voir comment accompagner les usagers dans cette transition", nuance-t-il sur franceinfo.

Plusieurs maires, comme celui du Kremlin-Bicêtre, demandent un report de cette restriction qu'ils jugent trop dure pour les ménages n'ayant pas les moyens d'acheter un véhicule plus propre. Qu'en pensez-vous ?

Dans certaines communes, notamment en Seine-Saint-Denis, les Crit'air 4 et plus représentent plus de 20 % des véhicules, comme à Bondy ou La Courneuve. Il est vrai que si l'on a un reste à charge de plusieurs milliers d'euros [pour changer de voiture], ce sera compliqué pour ces ménages. Je pense qu'il faut se poser la question du coût de l'accompagnement financier, mais aussi de l'offre de mobilité qu'on va proposer. Si l'on applique cette mesure, il faut que derrière on puisse montrer les alternatives possibles, sur les transports en commun, le développement du vélo, la piétonisation, et ce à l'échelle métropolitaine, pas seulement à Paris. En Île-de-France, on peut encore progresser. On ne doit pas rester uniquement sur le débat d'interdire la voiture : c'est un sujet beaucoup plus global autour de la mobilité.

S'il y a moins de pollution liée aux vieilles voitures dans les villes, il reste des lieux exposés comme les écoles, notamment près des périphériques ?

Ces lieux sont très soumis aux concentrations de polluants, donc évidemment qu'il faut réduire la place de la voiture. Mais il faut aussi mener une réflexion sur les projets urbains et le choix de l'implantation des écoles. La réponse n'est pas qu'autour de la voiture, elle est globale.

Les propriétaires de vieilles voitures sont-ils tous prêts pour cette opération ?

Je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui tous les usagers de la métropole soient au courant que nous sommes dans une première phase de transition et qu'en 2024, on interdira complètement les véhicules diesel. Honnêtement, je ne suis pas sûr que cette échéance soit connue de tous. Il faut à la fois comprendre l'enjeu, mais aussi expliquer et accompagner cette transition qui est nécessaire. Être attentif aux enjeux sociaux, c'est le seul moyen pour qu'il y ait une vraie acceptabilité des mesures de lutte contre la pollution.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Diesel

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.