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Marché automobile : "Cette pénurie de composants électroniques entraîne une pénurie de voitures", s'étonne un économiste

La pénurie va durer certainement "toute l'année 2022", a estimé Flavien Neuvy, économiste et directeur de l'Observatoire Cetelem, ce vendredi sur franceinfo. 

Article rédigé par franceinfo
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Atelier de fabrication automobile de l'usine de Sochaux (Doubs) du constructeur Stellantis, le 20 août 2021. (LIONEL VADAM  / MAXPPP)

"Ce qui est inédit, c'est que cette pénurie de composants électroniques entraîne une pénurie de voitures", s'étonne vendredi 8 octobre sur franceinfo, Flavien Neuvy, économiste et directeur de l'Observatoire Cetelem. "Si on m'avait dit ça un jour, je n'y aurais pas cru", ajoute-t-il. Avec la crise sanitaire, de nombreux fabricants de composants électroniques ont été à l'arrêt, ce qui perturbe l'assemblage des véhicules chez les constructeurs.

Pour l'économiste, "l'industrie automobile fonctionne à flux tendu, c’est-à-dire, sans stock". Une problématique en période de crise sanitaire et de crise économique car "dès que vous avez un grain de sable dans la chaîne de production, ça se traduit en temps réel avec des perturbations dans les sites de production".

"Les salons automobiles doivent se réinventer"

Les entreprises automobiles ont donc des choix à faire dans l'alimentation des chaînes de construction. "Cette pénurie de composants fait qu'ils [les constructeurs] orientent, à court terme, les quelques composants qu'ils ont en stock, vers les voitures haut de gamme", explique Flavien Neuvy, dans l'objectif de faire des marges plus confortables. "C'est la course à la rentabilité, plutôt que la course aux volumes", remarque l'économiste.

Selon lui, cette "pénurie de composants va durer longtemps, certainement toute l'année 2022". Raison pour laquelle les organisateurs du Salon de l'automobile de Genève ont annoncé, jeudi, son annulation à cause des difficultés du secteur. "Les grands salons de l'automobile doivent se réinventer pour prendre en compte les évolutions sociétales", estime l'économiste. Pour lui, "les salons tels qu'on les a connus dans les années 80, 90 et 2000 ne semblent plus être à la mode".

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