Automobile : fragilisés, Renault et Nissan "doivent à nouveau travailler ensemble" pour redresser la barre

Il y a un an, Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan, était arrêté pour des soupçons de fraudes. Le journaliste Étienne Lefebvre et l'économiste Christophe Ramaux débattent de la gestion de Carlos Ghosn dans le 23 heures, mardi 19 novembre.

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"Il y a deux visages, deux périodes. D'abord, les coups de génie qui ont transformé Renault en petit constructeur national en leader mondial grâce à son alliance avec le Japonais Nissan qu'il a redressé et le développement des voitures à bas coûts avec Dacia", explique Étienne Lefebvre. "Ensuite, le patron s'est éloigné du terrain. Il veut devenir le premier constructeur mondial et il y parvient, mais en délaissant l'alliance", poursuit le rédacteur en chef des Échos.

"Une entreprise, c'est un collectif. Les génies, ce sont d'abord les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs, ce ne sont pas les prédateurs. Carlos Ghosn en est un. Ce genre de dirigeants, au lieu de servir le bien-être de leur entreprise, prend un maximum avec une hubris démesuré : plus de 20 000 euros par jour", rétorque Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés.

Ghosn a fait "de graves erreurs"

"Carlos Ghosn, en ne voyant pas venir la crise au sein de l'alliance Renault-Nissan, a fait de graves erreurs. Il n'y avait plus de réunions, plus de projets. Aujourd'hui, les constructeurs sont fragiles. La solution est qu'ils s'unissent à nouveau pour y arriver", estime Étienne Lefebvre.

"La production automobile en France va baisser de moitié en 2020 par rapport à 2004. Les patrons en France jouent à fond la carte de la délocalisation", déplore Christophe Ramaux.

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Carlos Ghosn à son arrivée au tribunal à Tokyo (Japon), le 23 mai 2019.
Carlos Ghosn à son arrivée au tribunal à Tokyo (Japon), le 23 mai 2019. (ICHIRO OHARA / AFP)