Baisse du coût du permis de conduire : "Les auto-écoles sont déjà dans une situation compliquée", réagit un syndicat

Le président de la République a promis vendredi une baisse "drastique" du coût du permis de conduire, sans préciser les moyens engagés pour remplir cet objectif. Franceinfo a contacté le Conseil national des professions de l'automobile.

Une instructrice d\'auto-école et son élève. (Photo d\'illustration)
Une instructrice d'auto-école et son élève. (Photo d'illustration) (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Emmanuel Macron a annoncé, vendredi 9 novembre, que le gouvernement allait "drastiquement baisser le coût du permis" de conduire, et notamment "intégrer le code à la partie scolaire", sans apporter davantage de précisions. Ces mesures seront intégrées dans le projet de loi d'orientation des mobilités, attendu en fin d'année.

Ces déclarations interviennent alors qu'une mission parlementaire travaille toujours sur la question et doit remettre son rapport à la mi-décembre. Une situation qui interpelle et surprend Richard Zimmer, vice-président du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA) "Education routière".

Franceinfo : comment réagissez-vous aux déclarations d'Emmanuel Macron ?

Richard Zimmer : Nous tombons des nues. Les organisations professionnelles n'ont absolument pas été informées, d'autant que le rapport doit être remis le 15 décembre. Si c'est une mesure proposée par la commission parlementaire, je suis surpris qu'Emmanuel Macron soit déjà au courant. Nous allons essayer d'avoir un rendez-vous avec l'Elysée.

Les mesures sont d'ailleurs très floues. Prenons l'enseignement du code de la route à l'école. S'agit-il de l'examen du code ou d'une éducation routière dès la primaire ? Nous n'en savons rien. Si c'est une formation pour l'examen du permis de conduire, est-ce au collège ou au lycée ? Même chose avec l'achat d'une voiture pour les jeunes. Avec quel financement ?

Quelles pistes faut-il explorer, selon vous, pour diminuer le montant du permis de conduire ?

Pour baisser les coûts, il faudrait baisser le coût de la TVA – ce serait simple à faire – ou alors les charges sur les salariés du secteur. Mais il y a une autre piste. Aujourd'hui, l'examen du code de la route est relativement simple et il est un peu bradé. Mais nous constatons que les élèves qui ont passé ce code ont de grosses lacunes théoriques. Cela oblige les instructeurs à les reprendre sans arrêt pendant les cours de conduite : ils font de la théorie dans la voiture et cela coûte cher à l'élève. Nous pourrions donc imaginer des cours théoriques collectifs après l'obtention du code, pourquoi pas trois ou quatre heures ? Cela permettrait d'économiser des heures de pratique, plus onéreuses par définition.

Avez-vous des craintes pour la situation économique des auto-écoles ?

Le permis de conduire ne sera jamais gratuit. Cette formation a un coût et 1 500 euros, ce n'est pas énorme à l'échelle d'une vie. J'ajoute que les écoles de conduite sont dans une situation compliquée sur le terrain de la rentabilité. En 2017, le nombre d'établissements en liquidation judiciaire a augmenté de 27%. Les auto-écoles sont de petites structures, qui représentent 45 000 emplois en France. Ce maillage est très important sur le territoire, pour accompagner l'accès à la mobilité.