Portées par la reprise du trafic aérien, les écoles de pilotage font le plein : "il va y avoir un vrai besoin de pilotes"

Après deux années difficiles liées à la pandémie, le marché repart plus vite que prévu. Les compagnies recherchent de plus en plus de pilotes et cette effervescence se ressent dans les écoles de pilotage.

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Radio France
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Des élèves pilotes sur le simulateur de vol de l’école de pilotage Aéroflight à Lognes, le 11 mai 2022. (GREGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

Dans ce simulateur de vol qui reproduit un cockpit d’avion, Jean-Jacques, 36 ans, est assis, mardi 11 mai, en place gauche, celle du commandant de bord." Mon premier vol a eu lieu en avril 2017, on est en mai 2022 et je n’ai pas arrêté les vols, indique ce policier qui a décidé de changer de vie il y a quatre ans. Je n’ai pas le niveau Maths Sup Maths Spé. Je ne suis pas ingénieur, ni bilingue en anglais. J’aurais peut-être mis plus de temps mais comme disait mon père : ‘rien ne résiste à la ténacité.’" 

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Comme Jean-Jacques, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers ce métier de pilote. Une tendance qui s’est accélérée après la crise Covid. "Je pense que la pandémie a exacerbé ce sentiment où les gens se sont dits 'on peut très bien subir quelque chose qui est extérieur à notre vie. Alors on va arrêter d’échafauder des plans, des secondes vies sans rien au bout', analyse Jean-Paul, instructeur à l’école Aéroflight, à Lognes, à l’est de Paris. "Les gens se lancent peut-être plus facilement maintenant."

Un marché de l'emploi porteur 

Si bien souvent devenir pilote représente la réalisation d’un rêve, le marché de l’emploi est aussi porté par le redécollage plus rapide que prévu du transport aérien. "Aujourd’hui on a des compagnies aériennes qui sont en train de se dire qu’elles vont avoir besoin de pilotes dans deux ou trois ans, souligne Hughes Lionnet, le patron d’Aéroflight. Un pilote de ligne se forme en un minimum de deux ans. Les gens qu’on forme cette année seront disponibles en 2024. Mais dès la fin de cette année, il va y avoir un vrai besoin de pilotes." Et pour cause les compagnies aériennes ont encouragé leurs pilotes les plus âgés à partir lorsque la crise Covid a frappé le secteur et se retrouvent prises au dépourvu actuellement.

La formation théorique et pratique pour un tel métier reste néanmoins exigeante avec surtout un coût élevé : de 75 000 à 120 000 euros. Mais le dynamisme du marché de l’emploi peut aider à trouver son financement. "Les banquiers sont plutôt confiants, assure Mathieu, 24 ans, le cadet des élèves pilotes. On sait que le métier de pilote de ligne permet d’avoir des revenus assez confortables.

"Actuellement les recrutements dans les compagnies comme Transavia ou EasyJet en France explosent. Du coup les banquiers ont plutôt confiance en notre avenir."

Mathieu, élève pilote

à franceinfo

Toutes les écoles de pilotage constatent cet engouement. En avril, la compagnie Ryanair a même signé une convention avec l’une d’entre elle, tandis qu’Air France, qui s’apprête à recruter une centaine de pilotes, réfléchit à relancer sa formation interne.

Engouement pour le métier de pilote d'avion : reportage de Grégoire Lecalot
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