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Du PS au FN, unanimité des politiques français pour un soutien militaire en Irak

Dans l'après-midi, l'Elysée a affirmé qu'il "examinait les actions qui pourraient être menées" pour lutter contre les jihadistes, qui menacent les minorités religieuses d'Irak.

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France Télévisions
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François Hollande, le 6 juin, à Paris. Vendredi 8 août, l'Elysée à annoncé que la France était "prête à prendre toute sa part" dans la lutte contre les jihadistes en Irak. (CITIZENSIDE/PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE.COM)

Faire entendre sa voix, et soutenir les adversaires des jihadistes : face à l'avancée militaire de l'Etat islamique en Irak, et aux menaces qui pèsent sur les minorités religieuses irakiennes, la classe politique française était unanime, vendredi 8 août. Mais alors que les Etats-Unis ont entamé des frappes aériennes, les figures de droite comme de gauche plaident pour un soutien militaire plutôt que pour une intervention terrestre.

Un effacement "honteux" pour Alain Juppé

"Indignons-nous !" c'est le titre très Hesselien du billet publié par Alain Juppé sur son blog. "Nous devons nous associer à la lutte contre la folie du fanatisme jihadiste" écrit le maire de Bordeaux, qui parle de "génocide" pour évoquer la situation des chrétiens d'Orient. Sur la manière, en revanche, Juppé ne se mouille pas : il ne dispose "ni des informations ni des moyens" nécessaires pour définir "un plan d'action". Mais il trouve "honteux (...) l'’effacement de la France et de l’Europe sur la scène internationale" : au Proche-Orient, "la France doit faire entendre plus fort sa voix."

"La France doit crier" lui répond, indirectement, son probable future adversaire pour la tête de l'UMP, Hervé Mariton. "Qui s'opposera à vous? (... ) Osez, agissez", demande-t-il au président de la République dans une tribune sur le site internet du Figaro. Mobiliser la communauté internationale ne suffit pas, il faut aussi "aller sur le terrain". Sur i-Télé, il a un peu plus détaillé son idée de plan d'action : "Nous devons aider les Kurdes, en les aidant sur le plan humanitaire, en les aidant en termes d'équipements militaires."

Hervé Morin opposé à une intervention terrestre

"Une aide logistique et un soutien dans le domaine du renseignement", c'est aussi ce que demande, dans un communiqué, la présidente du Front national, Marine Le Pen, pour qui la lutte contre le terrorisme "ne peut et ne doit se limiter à des discours et des déclarations d'intention". Le député PS Jérôme Guedj estime, lui aussi, sur RTL, qu'il doit y avoir "une parole forte" qui "peut se doubler d'un appui logistique". Sur Twitter, deux figures de l'UMP, le député Eric Ciotti et l'ancienne ministre Nadine Morano, vont plus loin, en appelant la France à imiter les Etats-Unis, qui ont lancé des bombardements aériens sur l'artillerie des jihadistes.

Pas d'appels ouverts à une intervention militaire française en Irak, donc, ce qui n'empêche pas le député UDI Hervé Morin de s'inquiéter : "Le soutien militaire ne saurait prendre une forme terrestre dont les conséquences et les risques seraient impossibles à mesurer." S'il approuve "le principe d'un soutien aux Kurdes", il met aussi en garde contre un autre risque, celui "de se retrouver à nouveau isolé comme nous l'avons été pour la Syrie". La faute, selon lui, à un président qui ne chercherait pas assez à construire une position européenne commune.

La France examine des actions, selon l'Elysée

Pour l'instant, la France s'active sur le front diplomatique : à son initiative, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU s'est tenue jeudi soir, débouchant sur un appel lancé à la communauté internationale à soutenir le gouvernement et le peuple irakiens. Mais l'Elysée semble aussi sérieusement étudier un soutien militaire. Dans un communiqué publié vendredi après-midi, la présidence s'est félicitée des frappes aériennes américaines et a annoncé qu'elle "examinait" avec ses partenaires "les actions qui pourraient être menées" pour soutenir la lutte contre les jihadistes. Des actions dans lesquelles la France "est prête à prendre toute sa part", même si des sources diplomatiques démentent un engagement militaire.

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