Arnaque à la location : quand des vacances rêvées à la neige tournent au cauchemar

Les arnaques aux fausses locations réapparaissent à l'approche des périodes de vacances. En novembre, elles concernent particulièrement les réservations à la montagne. Selon l'enquête de franceinfo, publiée mardi, les escrocs jouent sur le rêve au moindre coût.

Et novembre, les anarques concernent les réservations d\'appartements ou de chalets à la montagne. 
Et novembre, les anarques concernent les réservations d'appartements ou de chalets à la montagne.  (JUSTE PHILIPPE / MAXPPP)
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franceinfoSébastien BaerRadio France

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Les arnaques aux fausses locations représentent un bon filon pour les escrocs puisqu'un Français sur deux réserve ses vacances sur internet. A chaque fois, le scénario se répète, monté à l'aide d'un contrat bidon. L'enquête de franceinfo, mardi 22 novembre, montre qu'il faut se méfier avant tout du prix, quand il est sans rapport avec l'offre proposée. 

Un chalet à 2 000 euros qui vaut le double

Ainsi rédigée, la fausse annonce est alléchante : "Magnifique chalet neuf, proche télésiège, 120 mètres carrés, 12 personnes, 5 chambres, 3 salles de bain". La location, attirante et confortable, est proposé à 2 000 euros la semaine, alors qu'à Valloire, la station où le chalet est proposé, une location équivalente se négocie facilement le double pour les vacances scolaires.

Celle qui se présente comme la propriétaire met un peu la pression quand des renseignements lui sont demandés par téléphone. "Il y a énormément de demandes, donc il faut être rapide", déclare-t-elle d'un ton convaincant. Elle ne perd pas pied, même quand on s'étonne de devoir virer un acompte de 1 000 euros au Portugal. Elle dit vivre une partie de l'année là-bas et préférer utiliser son compte portugais plutôt que ses comptes français, tout en rassurant son interlocuteur : "Ne vous inquiétez pas, nous serons là pour la remise des clés." Avec aplomb, elle propose aussi un rabais : "Normalement, on vous demande un acompte de 50% du montant et le solde à l’arrivée. Mais vous avez une réduction, si vous payez la totalité du montant."

Une anarque qui gruge clients et propriétaires

Cette annonce est une arnaque organisée selon un scénario classique, avec un contrat bidon et un virement à l'étranger pour ne pas laisser de traces. L’annonce postée sur le site Leboncoin.fr est même un copié-collé d'un bien immobilier qui existe réellement. Le texte et les photos ont été pillés sur un autre site internet. Le vrai propriétaire précise que son annonce est détournée pour la deuxième année. "L’an dernier, il y a eu une quinzaine d’appels et je pense que trois personnes ont été escroquées", précise-t-il. "Nous avons porté plainte il y a plus d’un an auprès de la gendarmerie, mais pour le moment rien n’a bougé, puisque tout se passe à l’étranger."

Le vrai propriétaire a bien tenté de contacter les escrocs mais il a été démasqué et ses appels sont ensuite restés sans réponse. Son chalet est effectivement à louer, mais lui facture la semaine 3 900 euros, au prix du marché, presque deux fois plus que les arnaqueurs. 

62 clients abusés pour un même appartement 

Aurélie fait partie des victimes d’une escroquerie aux annonces immobilières. Elle n'a jamais trouvé l'appartement qu'elle pensait avoir loué pour neuf personnes à La Plagne, en février 2015. Elle a pourtant déboursé un acompte de 800 euros, qu'elle n'a jamais revu. "Arrivés sur place, nous avons eu beau parcourir les couloirs, nous n’avons jamais trouvé l’appartement et encore moins le propriétaire", raconte la jeune femme.

Nous pensions nous être trompés de bâtiment. Impossible évidemment de joindre le pseudo-propriétaire, en permanence sur répondeur téléphonique. On a alors compris

Aurélie, victime d'une arnaque

A la gendarmerie pour porter plainte, Aurélie se souvient avoir vu une famille qui économisait depuis plus de deux ans pour aller au ski. "C’était la panique pour elle", témoigne-t-elle.

L'escroc a été arrêté et jugé. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis et a l’obligation de rembourser toutes ses victimes. Il y a eu 62 personnes grugées, pour ce seul appartement de La Plagne.

L'image des stations de ski pâtit des arnaques

La station de La Clusaz enregistre chaque hiver une vingtaine d'escroqueries de ce type. Pour limiter les risques, le directeur de l'office de tourisme, Alexis Bongard, rappelle quelques règles élémentaires de prudence. Il conseille de se méfier d’un prix "anormalement bas". Il est nécessaire d’appeler et d’essayer d’avoir au bout du fil la personne qui met le bien en location. "On ne peut pas acheter tout à n'importe quel prix", déclare Alexis Bongard. Pourtant, chaque année, des dizaines de touristes se font avoir. Quand ils découvrent l’arnaque sur place, en station, il n'existe souvent qu'un seul recours, l'office de tourisme. Cédric Fogarolo, le directeur de l'office de Valloire, explique comment il vole au secours des touristes pigeonnés "généralement tard un samedi soir et en période de forte affluence". Des solutions de repli sont parfois trouvées, mais elles ont un prix.

Pour une famille escroquée qui a déjà payé pour un hébergement sur internet et qui doit payer encore, c’est très compliqué.

Le directeur de l'office de Valloire

Sur sa page internet, Leboncoin.fr, qui enregistre quotidiennement 800 000 nouvelles annonces, met en garde contre les propositions trop alléchantes. Le site recommande également de ne jamais verser à l'avance la totalité du prix de la location.

Comment déjouer les pièges des escrocs qui engloutissent vos rêves à la neige : un reportage de Sébastien Baer
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