Fin du voyage pour Fram, qui dépose son bilan

Cette annonce a été faite aux 651 salariés lors d'un comité d'entreprise extraordinaire convoqué jeudi à Toulouse (Haute-Garonne).

Une agence Fram, le 29 octobre 2015 à Toulouse (Haute-Garonne).
Une agence Fram, le 29 octobre 2015 à Toulouse (Haute-Garonne). (ERIC CABANIS / AFP)

C'est la fin d'un voyage de soixante-six ans. Le voyagiste français Fram a déposé son bilan, a annoncé la direction du groupe jeudi 29 octobre. Cette annonce a également été faite aux salariés du groupe, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire à Toulouse.

Ce dépôt de bilan doit faciliter la reprise de Fram, qui emploie 651 personnes, par le groupe français Karavel-Promovacances. Ce dépôt n'a pas été confirmé par le tribunal de commerce, qui refuse "de donner des dépôts de bilan" car "c'est confidentiel", selon une responsable citée par l'AFP.

Pas de stress pour les clients du voyagiste, tous les séjours sont "assurés" dans tous les cas et ils "n'auront pas à repayer" leur hôtel ou leur billet de retour, avait assuré mardi 27 octobre le Syndicat des agences de voyages (Snav).

Plus de 600 000 clients en 2000

Fram, acronyme de Fer Route Air Mer, est né après-guerre en 1949, créé par Philippe Polderman. Cette marque emblématique, qui a participé à la démocratisation des vacances au soleil, a commencé, avec quatre salariés, par acheter des autocars pour relier Toulouse à Barcelone alors que les Baléares étaient en train de devenir une destination-phare.

Dès la fin des années 1950, le voyagiste a affrété ses premiers avions. Fram a poursuivi son développement avec une série d'acquisitions d'hôtels au Maroc, en Tunisie, ou encore en Espagne, et le lancement en 1984 du label Framissima, sa populaire chaîne d'hôtels-clubs. A son zénith, en 1999-2000, le groupe a dépassé les 600 000 clients.

En 2013 et en 2014, miné par les pertes, Fram cède à tout va une partie de ses actifs, dont ses hôtels au Maghreb et en Espagne. Insuffisant pour se remettre d'aplomb : le groupe a reçu le coup de grâce cette année avec deux attentats meurtriers en Tunisie en mars et en juin, creusant davantage une trésorerie devenue insuffisante pour la poursuite de son activité.