Canicule : "Un jeune, même en pleine forme, peut prendre des risques pour sa santé s'il a une activité en pleine chaleur"

Si les consignes sont désormais bien prises en compte pour les personnes les plus fragiles, le directeur général de la Santé alerte sur le risque pour celles en bonne santé, qui font moins attention, comme les sportifs par exemple.

Un coureur sous le soleil (illustration).
Un coureur sous le soleil (illustration). (JEAN FRANÇOIS OTTONELLO / MAXPPP)

"Un sujet jeune, même en pleine santé, peut prendre des risques pour sa santé s'il a une activité en pleine chaleur. Il faut être conscient que s'agiter en pleine chaleur par 40, 41 degrés, c’est vraiment dangereux", a expliqué mardi 23 juillet sur franceinfo Jérôme Salomon directeur général de la Santé. Une grosse partie de la France est de nouveau placée en vigilance orange à la canicule.

>> DIRECT. Cinq départements placés en vigilance orange aux orages, 59 toujours en alerte canicule

franceinfo : Cet épisode s’annonce intense, mais plus court que le précédent, est-ce rassurant ?

Jérôme Salomon : Non, nous sommes pleinement mobilisés et très vigilants. Parce que cet épisode est le deuxième de l’été et nous avons connu un épisode extrêmement intense fin juin. L’élément particulier de cette deuxième vague de chaleur, c’est qu’elle va beaucoup plus toucher les régions du nord, en particulier si vous prenez Paris qui a connu 36 degrés au moins de juin, nous allons dépasser les 40. Donc il fera beaucoup plus chaud sur les régions du nord, comme l’Île-de-France, le Centre-Val de Loire, les Hauts-de-France qui ont moins l’habitude de la chaleur.

Est-ce que la répétition de ces vagues de chaleur fait que les consignes sont désormais mieux intégrées qu’avant ?

Oui, je pense qu’on peut se féliciter de la bonne connaissance par les Français des conseils de prévention. La prévention est très efficace, on l’a vu. Mais j’attire l’attention sur deux situations très particulières. Le fait qu’aujourd’hui, nous sommes en plein été et que beaucoup de personnes âgées en particulier peuvent être isolées parce que beaucoup de familles sont parties en vacances. Nous recommandons à ces familles et ces personnes de se signaler auprès des mairies et des centres d’actions sociales des mairies, il y a aussi le numéro "Canicule info service" (le 0800 06 66 66) pour avoir des conseils.

L’autre élément qui est très frappant à ce niveau de températures, c’est que même un sujet jeune, même en pleine santé peut prendre des risques pour sa santé s’il a une activité en pleine chaleur. On l’a vu avec des sportifs, des travailleurs voire des activités de déménagement. Il faut être conscient que s'agiter en pleine chaleur par 40, 41 degrés, c’est vraiment dangereux.

Le risque pour les personnes en bonne santé est dû au fait qu’elles ne se sentent pas concernées par ces appels à la prudence ?

Je pense qu’aujourd’hui le message sur les personnes dites fragiles ou plus vulnérables, les femmes enceintes, les enfants, est parfaitement compris. Les centres de loisirs l’ont bien intégré, les centres d’accueil pour les personnes âgées aussi, les structures institutionnelles sont bien formées aux méthodes de prévention. Mais maintenant, on se rend compte que dans certains secteurs comme les transports, le travail et puis évidemment les activités en pleine chaleur, on voit des accidents graves. On a vu des malaises cardiaques, des décès malheureusement, même aux États-Unis encore récemment. On pense toujours évidemment au BTP [bâtiment et travaux publics] ou aux grutiers, mais on peut aussi se retrouver professionnellement exposé à une forte chaleur quand on travaille dans une cuisine par exemple.

Plus de 40 personnes se sont noyées pendant le pic de canicule fin juin. Est-ce que ça implique la mise en place de dispositifs le long des rivières et des places pour informer et prévenir ?

Oui tout à fait. Il faut mobiliser l'ensemble des Français sur le risque de noyade. C’est malheureusement un risque bien démontré l’année dernière où il a fait aussi très chaud avec plus de 400 décès. Ce risque est augmenté parce qu’on a envie de se baigner, d’abord parce qu’il fait très chaud, mais aussi parce que la différence entre la température de l’air et la température de l’eau peut être très grande et donc ça augmente le risque de choc thermique et de malaise grave. Donc il faut aller dans l’eau tout doucement, vérifier que la zone est autorisée pour la baignade, parce que malheureusement il y a des zones dangereuses et non-surveillées et c’est dans ces zones que surviennent les événements les plus graves.