Ours tué en Ariège : "Des éleveurs ont été entendus, l'enquête se poursuit", affirme le procureur de Foix

"C'est une infraction délictuelle grave, punie de trois ans de prison et de 150 000 euros d'amende", a rappelé le procureur Laurent Dumaine.

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Radio France
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Le cadavre d'un ours découvert dans en Ariège / © Twitter Elisabeth Borne. (Twitter Elisabeth Borne)

Après la mort d'un ours brun, découvert mardi tué par balles en Ariège, "des éleveurs ont été entendus, l'enquête se poursuit", a déclaré mercredi 10 juin à franceinfo le procureur de Foix, Laurent Dumaine. L'État et plusieurs associations vont porter plainte. C'est le deuxième ours retrouvé mort dans les Pyrénées cette année. En avril, la dépouille de Cachou, un mâle né en 2015, avait été découverte dans le Val d'Aran (Espagne). L'ours devait être autopsié mercredi à l'école vétérinaire de Toulouse.

franceinfo : Est-ce que l'on sait de quelle manière l'ours a été abattu ?

Laurent Dumaine : Il est un peu tôt pour tirer les conclusions d'une enquête qui ne fait que débuter depuis hier. J'ai saisi la brigade des recherches de Saint-Girons. Je me suis rendu sur place hier pour faire les constatations avec les gendarmes et les agents de l'Office français de la biodiversité. Les premières constatations qui ont été faites sur place permettent de déterminer que cet ours a reçu au moins un coup tiré par une arme à feu.

Dans quel endroit cela s'est-il passé ?

Cela se passe précisément sur la commune d'Ustou, sur un cirque montagneux qui s'appelle le cirque de Gérac. Il était en contrebas, à 300 mètres environ d'une piste forestière dans un endroit extrêmement escarpé, une pente très raide et les constations ont été faites dans des conditions topographiques et météorologiques très compliquées, puisqu'il a fait mauvais sur cette partie de l'Ariège.

Est-ce qu'il y avait des troupeaux et des habitations à proximité ?

C'est à proximité d'une estive, c'est un endroit où on monte du bétail pendant la période d'été, entre le printemps et l'automne pour être précis et où il y a des troupeaux d'ovins. Sur place, les agents de l'Office français de la biodiversité avaient été appelés pour faire un constat relatif à une prédation d'une brebis la nuit précédente. Cependant, on ne peut pas affirmer que ce soit cet ours-là qui soit l'auteur de cette prédation, puisqu'on ne sait pas quand il est décédé. Peut-être était-il décédé un peu plus tôt. Les éléments de l'autopsie que j'ai diligentée ne permettent pas de répondre à cette question.

Où en est l'enquête ?

Des éleveurs ont été entendus, d'autres seront entendus, l'enquête se poursuit pour qu'il puisse être fait la plus large lumière sur cette affaire. C'est une infraction délictuelle grave, une infraction de destruction non autorisée d'espèce protégée, qui est prévue par le code de l'environnement et qui est punie de trois ans de prison et de 150 000 euros d'amende.

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