Le stress modifie à long terme le cerveau des soldats

Une étude néerlandaise rapporte que des anomalies sont observées dans le cerveau des combattants jusqu'à dix-huit mois après leur retour.

Des soldats allemands gardent un checkpoint dans la province de Baghlan, dans le nord de l\'Afghanistan, le 22 août 2012.
Des soldats allemands gardent un checkpoint dans la province de Baghlan, dans le nord de l'Afghanistan, le 22 août 2012. (REUTERS )

SANTE – Des chercheurs néerlandais ont démontré que l'effet du stress se prolonge durablement chez les soldats qui ont participé à des combats, a rapporté le site du Figaro Santé mercredi 5 septembre. Et ce jusqu'à dix-huit mois après leur retour. 

L'équipe de chercheurs de l'université de Radboud, d'Amsterdam et du Centre de recherche militaire d'Utrecht a "fait passer des examens d'imagerie cérébrale sophistiquée à 33 soldats avant qu'ils ne soient déployés en Afghanistan pour une mission de quatre mois, puis à nouveau six semaines après leur retour et enfin un an et demi plus tard", détaille le site.  

Des risques à plus long terme

A partir de ces données, les scientifiques ont mis en évidence "des perturbations durables de la circulation entre deux zones du cerveau, le cortex préfrontal et le mésencéphale, autrement dit le milieu du cerveau", indique Le Figaro Santé, et ce chez les soldats qui avaient été soumis au stress prolongé des zones de combats. Or le cortex préfrontal constitue "la partie la plus évoluée du cerveau, [laquelle] coordonne nos pensées, actions et émotions à travers de nombreuses connexions vers les autres régions du cerveau", souligne Amy Arnsten, neurobiologiste à l'université de Yale citée par le quotidien.

Si cette étude suggère "que le cerveau humain peut largement récupérer des effets délétères du stress", l'un de ses auteurs, Guido van Wingen, note qu'elle "révèle aussi des changements durables dans le réseau neural mésofrontal qui pourrait accroître la vulnérabilité à de nouveaux stress et conduire à des déficits cognitifs prolongés", nécessitant une prise en charge à long terme, "même sans symptômes", explique Le Figaro Santé.