Sophie la Girafe suspectée d'être cancérogène

L'association UFC-Que Choisir a testé trente jouets et s'inquiète de la présence de substances dangereuses.

Sophie la girafe, exposée dans une vitrine californienne, en mars 2011.
Sophie la girafe, exposée dans une vitrine californienne, en mars 2011. (VALERIE MACON / AFP)

L'association UFC-Que Choisir s'inquiète de la présence de substances cancérogènes probables ou possibles dans les jouets des enfants de moins de 3 ans. Dans le numéro de décembre du mensuel Que Choisir (article abonnés), l'association publie les résultats de ses tests.

Si elle reconnaît qu'aucun des trente jouets contrôlés n'est contraire à la réglementation, l'UFC-Que Choisir s'alarme du fait que des objets destinés à être portés à la bouche des tout-petits contiennent des substances n'ayant pas fait l'objet d'une évaluation toxicologique officielle. Et notamment deux substituts aux phtalates, des produits chimiques utilisés pour rendre les plastiques plus souples et interdits depuis septembre 2007.

• Que leur reproche-t-on ?

Selon l'association, certains jouets contiennent ces substituts et d'autres produits qui sont par ailleurs interdits dans les tétines. C'est par exemple le cas de Sophie la Girafe, qui libère "dans la salive des précurseurs de nitrosamines", molécules cancérogènes selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Elle relève également la présence de HAP, des dérivés pétroliers qui sont classés "cancérogènes probables ou possibles" par l’Agence américaine de l’environnement et l’Union européenne. 

"Il est inadmissible que toutes les substances chimiques présentes dans les jouets ne soient pas évaluées sur le plan ­toxicologique, et que des substances cancérogènes (...) soient admises", relève l'association.

• Où en est la réglementation sur les jouets ?

Pour l'instant, la France procède au coup par coup. Elle transpose en droit français une directive européenne du 18 juin 2009 et peut également s'appuyer sur RAPEX, le système européen d'alerte rapide qui concerne tous les produits de consommation dangereux, hors denrées alimentaires, produits pharmaceutiques et appareils médicaux. 

Fin 2010, la France a par exemple suspendu puis interdit jusqu'en juillet 2012 les tapis-puzzle en mousse EVA, du fait de la présence de formamide, un reprotoxique et possible cancérogène. Le groupe Afnor, qui distribue les normes NF, devait proposer un label NF environnement "jouets et jeux de société", afin de garantir des jouets dans substances dangereuses, métaux lourds, parfum et phtalates, mais il n'est toujours pas disponible.

--> Vous pouvez retrouver l'essentiel des textes qui s'appliquent en France sur le site du ministère de l'Economie.

L'UFC-Que Choisir a saisi l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses) pour évaluer la dangerosité des produits trouvés lors des tests. Elle réclame également un renforcement de la législation, en vue d'interdire les substances relevées dans les produits de consommation donc les jouets, comme c'est le cas en Allemagne. En attendant, l'UFC demande aux fabricants de s'assurer que ces substances ne sont pas présentes dans leurs produits.