Un Anglais se réveille en parlant gallois

Après une attaque, Alun Morgan, 81 ans, s'est réveillé en ayant totalement oublié l'anglais et en utilisant le gallois, qu'il avait pratiqué une année 70 ans auparavant.

Alun Morgan, 81 ans, a dû reprendre des cours d\'anglais, sa propre langue, après une attaque cérébrale en 2010.
Alun Morgan, 81 ans, a dû reprendre des cours d'anglais, sa propre langue, après une attaque cérébrale en 2010. (MARIE-REINE MATTERA / AFP)

Lost in translation. Alun Morgan, un Anglais victime d'une attaque cérébrale en 2010, a eu la surprise de parler gallois à son réveil. A 81 ans, il a même dû réapprendre l'anglais en prenant des cours, comme il l'a raconté jeudi 27 décembre, au Daily Mail (en anglais). En cause, une aphasie, c'est-à-dire une perte du langage, provoquée par des lésions au cerveau.

A son réveil, à l'hôpital, l'octogénaire s'aperçoit que "quelque chose de vraiment drôle se passe" : ni les médecins, ni son épouse Yvonne ne le comprennent. La nouvelle langue dans laquelle il s'exprime alors est d'autant plus surprenante qu'il ne l'a jamais réellement apprise. Au Daily Mail, il raconte n'avoir passé qu'un an au Pays de Galles, pendant la guerre, en 1944. Il était alors âgé de 12 ans. "C'est peut-être tombé sur le gallois parce que ma grand-mère, chez qui je suis allé vivre, parlait très mal anglais." 

Depuis, Alun Morgan a réappris l'anglais... et "presque oublié le gallois", s'amuse-t-il, dans le Daily Mail. Comment expliquer ce brutal changement de langue, et son oubli ? "Les langues ne sont pas toutes localisées au même endroit dans le cerveau", explique le neuropsychiatre Michel Poncet, interrogé par 20minutes. Selon lui, "celles qui restent sont les langues qui ont résisté à l'attaque parce que les parties touchées n'étaient pas critiques pour celles-ci". Mais un patient ne se réveille pas en parlant une langue totalement inconnue, plutôt une qu'il n'a pas utilisé depuis longtemps, précise le neuropsychiatre.