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A la conquête des astéroïdes, mines d'or de l'espace

L'entreprise Planetary Resources lorgne sur les richesses de ces corps du système solaire, qui regorgent de métaux et minerais précieux. Son but : ramener sur Terre ces ressources.

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France Télévisions
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La Nasa recense quelque 9 000 astéroïdes dans le voisinage terrestre. Parmi eux, plus de 1 500 seraient d'un accès aussi facile que la Lune. (DIETER SPANNKNEBEL / THE IMAGE BANK / GETTY)

L'espace, un nouvel Eldorado ? C'est en tout cas ce qu'entrevoit la nouvelle entreprise américaine Planetary Resources qui entend ramener sur Terre des métaux rares, comme le platine, extraits d'astéroïdes. La société, présentée mardi 24 avril, a reçu des fonds de riches personnalités comme le PDG de Google, Larry Page, ou encore le cinéaste James Cameron. Pour mener à bien cette mission, elle a fait appel à Chris Lewicki, ancien responsable du programme d'exploration de Mars pour la Nasa, qui encadre près de 25 ingénieurs. FTVi se penche sur ce dessein hors du commun dont les prémices remontent au moins à 1926 et au projet théorique du scientifique russe KonstantinTsiolkovsky.

• Que recèlent les astéroïdes ?

"Un grand nombre de métaux et minéraux rares sur notre planète se trouvent en quantités quasi illimitées dans l'espace", explique le Dr Peter Diamandis, co-fondateur et co-président de Planetary Resources.

Selon les créateurs de l'entreprise, un simple astéroïde de 500 mètres de long renferme une quantité de platine équivalente à la totalité de ce métal extrait dans l'histoire de l'humanité. L'analyse des météorites tombés sur Terre révèle aussi qu'ils peuvent avoir des concentrations en platine vingt fois supérieures à celles de nos mines. Pour avoir une idée de la manne financière que cela représente, le platine vaut actuellement 1 500 dollars (soit 1 135 euros) l'once, qui équivaut à 28,3 grammes.

La Nasa recense quelque 9 000 astéroïdes dont l'orbite se situe dans le voisinage terrestre mais il en existerait près d'un million. Parmi eux, plus de 1 500 seraient d'un accès aussi facile que la Lune, selon les créateurs de Planetary Resources. Ils expliquent le projet dans cette vidéo (en anglais).

 

• Quelle utilité ?

Subvenir aux besoins grandissants de la population de la Terre. "Alors que l'accès à ces matériaux s'accroît, non seulement le coût de nombreux équipements, de la microélectronique aux batteries, va baisser mais des applications nouvelles et importantes vont émerger", prédit Peter Diamandis. Le platine, par exemple, est très utilisé pour des bijoux, mais aussi dans les composants électroniques et les pots d'échappement catalytiques.

Faciliter les missions spatiales lointaines. De l'eau sous forme de glace est également présente en abondance sur les astéroïdes proches de la Terre. Ces corps célestes pourraient alors servir "de sorte d'oasis" pour les missions spatiales. Ils fourniraient les ressources nécessaires en eau et mais également en carburant, projettent les scientifiques de l'entreprise. "On peut aussi séparer l'oxygène et l'hydrogène qui forment l'eau. Le premier permet de respirer et le second sert de carburant aux moteurs des vaisseaux spatiaux", développe Eric Anderson, co-fondateur et co-président de Planetary Resources.

Selon lui, ces "réservoirs d'eau" vont bouleverser l'exploration spatiale et rendre les voyages dans l'espace beaucoup plus économiques. Le coût pour emmener un litre d'eau dans l'espace est évalué à 15 000 euros, selon 20minutes.fr.

• C'est pour quand ?

La firme a déjà élaboré des télescopes spatiaux pour repérer les astéroïdes les plus prometteurs. Ils doivent être mis sur orbite d'ici deux ans. 20 Minutes précise que d'ici 2017-2018, un petit moteur équipera ses sondes pour qu'elles puissent explorer le voisinage de la Terre.

Puis, la société prévoit de lancer de petits engins spatiaux, baptisés Arkyd-300, pour aller explorer les astéroïdes. Les activités minières devraient alors débuter sur les premiers corps riches en eau et en platine. Mais pour cette étape, rapporte 20minutes.fr, "Planetory Resources n'a pas donné de date, précisant simplement qu'elle espérait avoir identifié la cible idéale d'ici une dizaine d'années".

Malgré ces délais encore flous, la firme a déjà obtenu des contrats pour développer des technologies de communication laser dont elle aura besoin pour détecter les astéroïdes les plus prometteurs.

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