A 15 ans, un lycéen défie Einstein

Stagiaire à l'observatoire astronomique de Strasbourg, il a développé un logiciel qui a permis d'interpréter les données scientifiques recueillies par l'équipe de son père, astrophysicien au CNRS. 

Un jeune Français a démontré que la rotation des galaxies naines qui gravitent autour de la constellation d\'Andromède n\'était pas aléatoire.
Un jeune Français a démontré que la rotation des galaxies naines qui gravitent autour de la constellation d'Andromède n'était pas aléatoire. (DR. ROBERT MUNTEFERING / THE IMAGE BANK / GETTY IMAGES )

C'est l'histoire d'un ado de 15 ans qui publie dans la prestigieuse revue scientifique britannique Nature. A l'issue d'un stage à l'observatoire astronomique de Strasbourg (Bas-Rhin), où travaille son père en tant qu'astrophysicien, le jeune Français a démontré que la rotation des galaxies naines qui gravitent autour de la constellation d'Andromède n'était pas aléatoire, comme le pensent les physiciens depuis Albert Einstein, a rapporté RTL vendredi 4 janvier. Cette découverte a fait la couverture du numéro de Nature publié mercredi.

Qu'ont-ils démontré ?

L'article, co-rédigé par Neil Ibata, son père et ses collègues du CNRS, explique que les petites galaxies rassemblées autour d'Andromède évoluent sous la forme d'un disque aplati. 

"Cela faisait plusieurs années que des astronomes prétendaient que les galaxies naines situées dans le voisinage de plus grosses structures comme Andromède ou notre Voie lactée n'étaient pas réparties de façon aléatoire", a expliqué au Figaro.fr le père de l'adolescent, Rodrigo Ibata. "Je n'étais moi-même pas convaincu car cela remettait en cause les théories existantes sur la matière noire et la formation des galaxies",s'est-il souvenu. 

Comment ont-ils procédé ? 

Pour aboutir à cette découverte, les chercheurs ont entré les données recueillies entre 2008 et 2011 par le télescope Canada-France-Hawaï et le télescope américain Keck dans un logiciel conçu par le jeune Neil. "Je venais de faire un stage pour apprendre le langage informatique Python", a raconté cet élève de 1re S, interrogé par Le Figaro. "Mon père m'a proposé de mettre en pratique ce que j'avais appris pour visualiser des données qu'il avait rassemblées depuis plusieurs années avec son équipe sur la galaxie Andromède."

"C'était quand même une tâche relativement complexe", a admis Neil au micro de RTL, reconnaissant que "les notions en physique sont un peu plus avancées que le programme de 1re S", même s'il a utilisé "les notions de vecteurs qu'[il] avait abordées récemment avec [s]on professeur de mathématiques".