Défilés du 1er-Mai : "Il s'agit pour les organisations syndicales de construire un rapport de force", explique un historien

Spécialiste du syndicalisme et des mouvements sociaux, Stéphane Sirot dément la désunion des syndicats même si tous ne défilent pas ensemble.

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Radio France
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Des manifestants du 1er mai 2022 à Marseille. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Les traditionnels défilés du 1er mai ont lieu un peu partout en France. "Il s'agit pour les organisations syndicales de construire un rapport de force et d'envoyer un message aux organisations politiques", a expliqué sur franceinfo Stéphane Sirot, historien, spécialiste du syndicalisme et des mouvements sociaux.

>> Suivez en direct les différentes manifestations du 1er-Mai.

franceinfo : Est-ce qu'une forte mobilisation un 1er mai change quelque chose à la ligne politique d'un gouvernement ?

Stéphane Sirot : Dans le contexte d'aujourd'hui cela peut avoir un impact. Il s'agit pour les organisations syndicales qui organisent des défilés de construire un rapport de force. On parle beaucoup de troisième tour social, moi je préfère parler de la construction d'un rapport de force dans lequel les organisations sociales ont un rôle à jouer. Cela consiste à essayer de faire la démonstration de sa capacité à entraîner dans la rue un certain nombre de nos concitoyens. C'est peut-être aussi l'occasion, dans la conjoncture actuelle, d'envoyer un message aux organisations politiques. La construction du rapport de force dépend aussi du résultat à venir des élections législatives et notamment de la capacité de la gauche à susciter une union qui lui permettrait d'obtenir davantage de députés que si elle partait morcelée comme à la présidentielle.

Il s'agit donc pour les syndicats d'obtenir l'écoute des partis d'opposition ?

Oui, je pense que cela fait partie de la construction de ce rapport de force. L'action syndicale est rarement déconnectée de la question politique. Si les organisations syndicales sont en capacité de démontrer aujourd'hui et dans les semaines qui viennent leur capacité à rassembler autour d'elles, cela peut obliger les partis de gauche à s'entendre. Cela peut jouer ce rôle de contrainte.

Les syndicats sont-ils le meilleur exemple en termes de rassemblement alors que la CFDT défile d'un côté et le grand cortège de l'autre avec la CGT, l'Unsa, FSU-Solidaires et les organisations étudiantes ?

C'est devenu une tradition, notamment le 1er-Mai. La CFDT cela fait un moment qu'elle ne défile plus systématiquement le 1er-Mai mais qu'elle organise des rassemblements qui se veulent plus ou moins festifs. Mais les organisations qui appellent à des cortèges unitaires sont nombreuses et parfois en région des syndicalistes de la CFDT ou de FO appellent à se joindre au cortège. Au fond, les organisations syndicales ne sont pas si désunies que ça et la question des retraites et du pouvoir d'achat sont susceptibles de rapprocher les organisations syndicales.

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