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Vidéo "Désormais, il faudra aller encore plus vite pour gagner de l'argent" : dans la roue d'un livreur Deliveroo

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Article rédigé par
Baptiste Boyer - franceinfo - Raphaël Godet
France Télévisions

A partir de lundi 28 août, la plateforme de livraison à domicile Deliveroo change son système de rémunération. Les livreurs se disent lésés. Pour savoir combien gagnent exactement les livreurs, franceinfo a suivi en temps réel (et à vélo) Ousman pendant sa tournée à Paris.

On le voit arriver de loin, avec son sac réfrigéré sur le dos. Ousman est livreur à domicile depuis le mois de mars, à Paris. Après avoir travaillé quelque temps dans un fast-food, le jeune homme de 21 ans a décidé d'enfourcher son vélo pour les sociétés Deliveroo et Foodora. Objectif : "Se faire un peu d'argent" en arpentant les rues de la capitale. Il travaille six jours sur sept et gagne en moyenne 2 000 euros net par mois.

Mais depuis quelques semaines, lui et les autres forçats du bitume ont décidé de lever leur nez du guidon pour protester. En effet, la société de livraison de repas Deliveroo a choisi de modifier le système de rémunération. A partir de lundi 28 août, fini le tarif à 7,50 euros de l’heure, avec des primes de 2 à 4 euros par course. Désormais, seuls existeront des contrats payés à la course. En clair, chaque livreur touchera uniquement 5 euros par course en région et 5,75 euros à Paris.

"Certains vont se mettre en danger"

Depuis cette annonce, les 7 000 livreurs qui travaillent pour la plateforme de livraison à domicile organisent régulièrement des manifestations partout en France pour dénoncer le manque à gagner. Le dernier rassemblement a eu lieu, lundi, place de la République à Paris. "Désormais, il faudra aller encore plus vite pour gagner de l'argentEt certains vont obligatoirement se mettre en danger" pour pouvoir enchaîner rapidement les commandesregrette Ousman.

Quand il y a un accident, "la direction ne fait rien, regrette Jérôme Pimot, porte-parole du Collectif des livreurs autonomes de Paris. Elle nous souhaite juste un bon rétablissement et, quand on revient, quelques semaines plus tard, on s'aperçoit que toutes les places sur lesquelles on s'était inscrit ont disparu, il faut essayer de les récupérer petit à petit et donc ça prend énormément de temps", a-t-il expliqué à franceinfo.

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