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Changement de vie : un nouvel ébéniste

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France Télévisions

Une rencontre maintenant, a propos d'une tentation. Certains parlent même de rêve. Comme à chaque rentrée, beaucoup d'entre vous pensent peut-être à changer de vie. Souvent, cela prend la forme d'une envie de simplicité, de nature. Moins de stress, moins de bruit, moins de faux-semblants. Les sociologues ont même donné un nom à ces envies très contemporaines la bifurcation biographique. Oui, mais ils sont très peu à passer à l'acte. Voici l'exemple d'un cadre de 45 ans.

Pour comprendre un meuble, il faut savoir l'écouter. L'ausculter afin de réparer les ravages du temps. Cet homme a fait de sa passion son métier. Il est devenu ébéniste d'art.

C'est grave docteur.

Il y a le fronton qui bouge beaucoup, quelques mouvements dans les charnières et la question du papier peint. Un ébéniste n'est pas là pour faire du neuf, mais conserver et transmettre l'ancien.

Il y a 5 ans, ce cadre qui travaillait dans la communication d'entreprise d'une caisse de retraite se lance un défi. Passionné de patrimoine, il restaurait pour son plaisir des meubles anciens et décide de se mettre à son compte.

J'ai quitté un groupe en fusion. ça en bon père de famille, j'avais envie de partir dans la communication du patrimoine. Un ébéniste que je ne connaissais pas, me dit qu'il avait envie de transmettre son atelier. Ça a fait tilt. C'était un 27 décembre. Le 4 janvier j'étais dans son atelier. Je lui ai pris en main une commode pour qu'il juge de mes capacités. J'y suis resté quelques temps etj'ai créé mon atelier.

Avant de manier la colle et le ciseau à bois, pendant 18 ans, il a manié les concepts, jonglé avec les fichiers Powerpoint, organisé des évènements, des campagnes de communication. Quand il annonce à ses collègues son virage professionnel, certains l'envient. Sa décision n'étonne pas grand monde.

Il surprenait souvent. Par ses idées qui sortaient des sentiers battus. Pour autant elles aboutissaient toujours à des choses concrètes et utiles pour l'entreprise.

Ouvrir son atelier, un sacré défi pour un autodidacte en ébénisterie. Il fait appel a un artisan qui part a la retraite.

Qu'est ce que vous faites en ce moment.

Je travaille sur des petites choses.

2 fois par semaine pendant plusieurs mois, il lui transmet ses 50 ans de savoir-faire, sa clientèle et même ses outils.

La première réaction c'est de dire qu'est ce que c'est que ce gars là ? D'où il sort ? Qu'est-ce qu'il va faire ? Il m'a donné des éléments etj'ai senti qu'il avait des connaissances. Moi je donnais, lui recevait et apprenait.

Au fil des mois, il cultive la patience, gère son temps, ses gestes. Il apprend chaque jour un peu plus sur lui-même et revient à l'essentiel.

C'est un retour à la terre. C'est un métier sensuel. Un morceau de bois, c'est visuel et sensuel. On peut le sentir. Il a un bruit. je le lèche peu. On est dans l'expression des 5 sens.

Pour réaliser son rêve, ce père de 4 enfants a dû faire des sacrifices. Dés soirées consacrées à la comptabilité avec sa femme professeur des écoles. Un salaire divise par 2 et un niveau de vie revu à la baisse.

Le sacrifice se fait sur tout. Le prix du caddie, les dépenses courantes. Quand on est à son compte, on gagne moins que quand on est salarié.

En homme presse et curieux, il multiplie les projets. Il a repris contact avec d'anciens confrères. Il envisage de quitter un jour son atelier pour d'autres horizons.

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