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Jean-Michel Blanquer disserte sur les sujets du bac de philo

Le ministre de l'Education nationale a développé pour franceinfo plusieurs des sujets de l'épreuve de philosophie. 

Article rédigé par franceinfo
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Jean-Michel Blanquer dans son bureau, le 18 janvier 2018. (JOEL SAGET / AFP)

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, a accepté pour franceinfo de repasser le bac de philosophie lundi 18 juin. Il a choisi de plancher sur un sujet par filière. 

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"La culture nous rend-elle plus humain ?" (L)

Dans la série littéraire, le ministre a choisi comme sujet "La culture nous rend-elle plus humain ?". "Oui", a-t-il répondu. "Comme dans toute discipline, c'est bien de commencer par définir les termes. Le mot de culture est polysémique", a expliqué Jean-Michel Blanquer.

"On peut entendre bien des choses derrière le mot culture. Si on l'entend au sens le plus large, c'est-à-dire ce qui définit l'homme, puisque l'homme acquiert la culture au fil de sa vie, de son existence, il devient homme de plus en plus de par la culture, alors la réponse est oui. Pourtant, Rousseau nous dit bien que plus on acquiert de la culture plus on s'éloigne de la nature et donc de nous-même. C'est donc le paradoxe de la culture de nous rapprocher de notre humanité et en même temps de nous éloigner d'un état d'homme naturel que Rousseau considère comme meilleur et donc plus humain."

"La culture peut donc nous rendre de plus en plus humain, c'est ce que chacun peut trouver dans son expérience personnelle, mais elle peut aussi nous éloigner de notre humanité et elle n'est jamais un vaccin contre notre inhumanité. On l'a vu malheureusement dans l'histoire du XXe siècle. Donc, la culture, oui, nous rend plus humain, mais pas n'importe comment. A la fin, c'est quand même la culture qui définit l'homme. C'est Kant qui nous le dit de manière très claire et notamment l'éducation."

"Toute vérité est-elle définitive?" (ES)

Dans la filière ES, le ministre a décidé de s'atteler au sujet "Toute vérité est-elle définitive ?" Il pose le problème de la manière suivante : "Il y a une quête de la vérité chez l'homme, le bien, le vrai, le beau, ça fait partie des choses auxquelles l'homme tend."

"Cette vérité elle n'est, semble-t-il, jamais définitive parce que la quête de la vérité nous amène sans arrêt à mettre en question les vérités précédentes. Si on regarde toute l'histoire des sciences, c'est sans arrêt une remise en cause d'une vérité précédente et en même temps on s'appuie sur une vérité précédente. Donc la vérité, c'est un camp de base qui permet d'aller toujours plus haut, mais parfois on doit effacer le camp de base", a-t-il poursuivi. 

"Il peut aussi y avoir la coexistence de plusieurs vérités, donc la vérité n'est jamais définitive, c'est aussi le propre de la condition humaine et c'est aussi la beauté de la vie," a philosophé le ministre, avant de conclure : "s'il y avait une vérité définitive ce serait une sorte de clôture de notre quête permanente."

"Le désir est-il la marque de notre imperfection ?" (S)

Dans la série S, Jean-Michel Blanquer esquisse une réponse au sujet "le désir est-il la marque de notre imperfection ?"

"Le désir est toujours le signe d'un manque et on le voit dans le mythe d'Aristophane chez Platon où le manque d'une nature parfaite, qui aurait existé auparavant, serait à la base d'un désir de la retrouver", a commenté Jean-Michel Blanquer.

"Le manque c'est peut-être ce qui manque le moins et donc le désir est ce qui se manifeste le plus. Le désir est infini et c'est aussi le propre de l'homme et c'est peut-être aussi le propre de l'éducation que de savoir canaliser ce désir. Parfois, on a opposé le désir et le besoin. Le désir est infini, le besoin est quelque chose qui peut se satisfaire davantage. Le désir, c'est peut-être paradoxal, c'est une marque de notre imperfection mais aussi la marque de notre humanité."

"Peut-on maîtriser le développement technique ?" (série technologique)

"C'est une grande question, c'est peut-être la grande question du XXIe siècle", a commenté Jean-Michel Blanquer.

"Nous rentrons dans un monde de plus en plus technologique, c'est une évidence, et la grande question c'est comment ce développement peut quand même amener à un monde plus humain. Derrière la maîtrise de la technique, il n'y a pas le fait d'arrêter le développement scientifique et technologique, c'est impossible, en revanche, il y a l'idée de la canaliser, dans un sens conforme à l'humanisme, à l'être humain, à son intérêt. Et donc, c'est tout l'enjeu de la relation homme-machine, notre capacité à continuer à maîtriser la machine dans les décennies et les siècles à venir qui est posée. Au-delà travers de cela, je pense qu'il fallait mettre en relation la question de la technique et la question de l'éthique puisque c'est l'enjeu des règles et des lois que nous mettons autour de la technique et aussi de la déontologie que nous savons développer chez chacun."

Les épreuves écrites du baccalauréat 2018 ont débuté lundi matin à 8h00 avec la philosophie pour les séries générales et technologiques.

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