"Cela permet de penser par soi-même" : un professeur répond à ceux qui estiment que la philosophie ne sert à rien

Gilles Vervisch défend sa discipline après l'épreuve de philosphie du baccalauréat de jeudi. 

Un élève de terminal lors de l\'épreuve de philosophie du baccalauréat, jeudi 15 juin 2017. 
Un élève de terminal lors de l'épreuve de philosophie du baccalauréat, jeudi 15 juin 2017.  (MARTIN BUREAU / AFP)

Les épreuves du bac ont démarré dans la matinée du jeudi 15 juin, à 8 heures, avec l'épreuve de philosophie. Les 520 000 lycéens de terminale ont eu 4 heures pour plancher sur une dissertation ou un commentaire de texte. Pour certains la philosophie est une matière qui ne sert à rien. Réponse de Gilles Vervisch, professeur de philosophie au lycée Paul-Emile-Victor d’Osny (Val d’Oise), auteur de plusieurs ouvrages dans lesquels il philosophe à partir de la vie quotidienne et de la culture populaire.

franceinfo : Des nombreux élèves se demandent si la philosophie sert à quelque chose. Que leur répondez-vous ?

La philosophie sert à quelque chose : cela peut permettre de penser par soi-même. On entend tellement de choses à droite, à gauche, dans l'éducation qu'on a reçue, dans les médias... Un an d'initiation à la philo donne la possibilité de réfléchir à ses opinions pour les remettre en question et, du coup, libérer sa pensée.

Est-ce le cas d'autres matières ?

La littérature ne sert, finalement, à rien dans la vie.  Les maths, je pense qu'arriver en CM2, ça suffit : je ne sais pas si les fonctions servent à beaucoup de gens. Je pense qu'il y a pas mal de préjugés sur la philo. Le côté "la notation est subjective", c'est trop difficile. Il faut comprendre que ça parle un peu à tout le monde et que ça nous concerne tous dans la vie. On est des hommes, donc, normalement, on se pose un peu la question de ce qu'on fait là et où on va. Après peut-être que tout le monde à 17 ans n'est pas encore tout à fait mûr. Donc l'idée, c'est d'implanter une sorte de goût de la philolosophie pour y revenir un peu plus tard.

Peut-on ne pas être doué pour la philosophie ?

Cela dépend de l'âge que l'on a aussi. C'est une histoire de goût. Il faut savoir prendre les choses du bon côté, chercher les élèves là où ils sont en essayant de leur montrer que ça les concerne.

Est-on bête si on est mauvais en philosophie ?

Non, on est bête si on n'essaye pas. L'idée est justement d'essayer de s'ouvrir l'esprit par rapport aux préjugés qu'on peut avoir. Dans le système français, on dit plutôt qu'on est bête si on n'est pas bon en maths. Cela dépend de l'enseignement.