Blocage des lycées : "Aujourd'hui, personne n'est prêt" à passer le baccalauréat, estime le président de l’Union nationale des lycéens

Mathieu Devlaminck, élève de terminale et président de l’Union nationale des lycéens, demande sur franceinfo qu'un contrôle continu soit organisé en lieu et place d'un examen final. 

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Radio France
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Une salle d'examen vide, le 11 juin 2007, à Caen. (MYCHELE DANIAU / AFP)

Alors que 100 lycées sont bloqués par les élèves lundi 3 mai matin pour réclamer l'annulation des épreuves du baccalauréat, "aujourd'hui, personne n'est prêt" à passer les épreuves de cet examen à cause des confinements et cours en distanciel, estime sur franceinfo lundi 3 mai Mathieu Devlaminck, élève de terminale et président de l’Union nationale des lycéens.

franceinfo : Pourquoi voulez-vous faire annuler ces épreuves de fin d'année ?

Damien Devlaminck : Parce qu'aujourd'hui, personne n'est prêt. On aurait dû prendre des mesures bien plus tôt : un allègement national des programmes pour permettre à tous de suivre les cours, même à distance, même dans des situations compliquées. Pour donner un exemple concret : certains lycéens et lycéennes n'ont pas eu de cours de philosophie depuis octobre parce que leur professeur n'était pas remplacé et ils vont pourtant devoir passer cette épreuve en juin. Nous ne sommes surtout pas prêts pour ce nouveau bac qui a été mis en place à marche forcée, avec un grand oral dont personne ne connaît réellement la substance. Personne ne sait précisément sur quoi nous serons évalués et nous avons peur des discriminations qui sont inhérentes à cette épreuve orale de culture générale.

Souhaitez-vous à la place un bac en contrôle continu ?

Nous demandons un contrôle continu pour tous, pour les élèves en filière générale tout comme pour ceux en BTS, au Cned ou dans des lycées privés hors contrat qui sont nombreux à devoir passer l'intégralité de leurs épreuves. Certes, le Conseil d'Etat a tranché : pour lui la tenue des épreuves de BTS en présentiel n'est pas un danger pour les élèves, mais nous pensons que Jean-Michel Blanquet et Frédérique Vidal peuvent encore trancher. Pour nous le dernier recours est la mobilisation dans la rue, comme cela a été le cas pour l'instauration des nouveaux protocoles sanitaires, obtenu grâce à la mobilisation des lycéens et de toute la communauté éducative.

Arrivez-vous à vous projeter sur l'année prochaine et le passage à l'enseignement supérieur ?

Nous sommes très inquiets. Nous avons peur d'abord des dysfonctionnement de la plateforme Parcoursup. Beaucoup d'élèves craignent d'être laissés sur le carreau, de ne pas avoir accès à la faculté depuis que la sélection à l'université a été mise en place. Nous avons aussi peur d'arriver dans un monde de l'enseignement supérieur profondément violent, où certains étudiants font la queue devant des banques alimentaires et sont dans une grande précarité. Nous nous demandons si aller à la fac pour vivre la vie que vivent les étudiants de 2021 est réellement souhaitable.

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