Baccalauréat : une pétition lancée pour dénoncer le sujet de français des S et ES, jugé "trop difficile"

Les élèves de première S et ES ont eu comme sujet un corpus de poèmes portant sur le rapport à la nature, dont l'une des auteures, Andrée Chedid, était inconnue de bon nombre d'élèves. 

Une enseignante surveille une épreuve du baccalauréat, le 17 juin 2019 à Strasbourg (Bas-Rhin). 
Une enseignante surveille une épreuve du baccalauréat, le 17 juin 2019 à Strasbourg (Bas-Rhin).  (FREDERICK FLORIN / AFP)

Ils dénoncent "une humiliation" et un sujet "trop difficile". Des internautes ont lancé une pétition adressée au ministère de l'Education nationale sur la plateforme Change.org lundi 17 juin, afin d'alerter sur la difficulté, selon eux, du sujet de français des première S et ES au baccalauréat. Mardi soir, la pétition avait récolté près de 12 800 signatures sur un objectif de 15 000. 

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Lundi, les élèves des sections scientifique et économique et sociale ont du travailler sur le sujet "Ecriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours", un corpus de quatre poèmes d'Alphone de Lamartime, d'Anna de Noailles, d'Yves Bonnefoy et d'Andrée Chédid. Ils devaient ensuite écrire un commentaire de texte, une dissertation ou un sujet d'invention. 

Comme le rappellent les auteurs de la pétition, "la majorité des professeurs invitent leurs élèves à prendre le commentaire dû à la difficulté de la dissertation en poésie et du sujet d'invention". Or, "le commentaire était sur le poème d'Andrée Chedid", très peu connue de bon nombre d'élèves de première, dénonce la pétition."Les élèves ayant choisi la filière S et ES ne sont pas pour la plupart à l'aise avec la matière du Français et la difficulté de l'épreuve était extrêmement élevée par rapport à la capacité des élèves à raisonner et à connaitre des notions sur la poésie", critique encore le texte. 

Un travail "bafoué"

C'est en effet surtout ce poème d'Andrée Chedid, et son choix pour le baccalauréat, qui a vivement fait réagir les élèves. Lundi, après l'épreuve, des jeunes ont raconté sur les réseaux sociaux leur panique après avoir découvert – après l'examen – qui était Andrée Chedid, et surtout, qu'elle était une femme. 

"Les cours de français travaillent sur des poètes anciens et leur mouvement littéraire connus de tous (La Pléiade, la Parnasse, le Romantisme...)", insiste la pétition, soulignant qu'Andrée Chedid était "une auteure contemporaine et donc sans mouvement littéraire en particulier". "Tout au long de l'année, les élèves de première s'attaquent à l'immense tâche d'apprendre ces mouvements littéraires qui ne sont pas faciles à comprendre (...) Ce travail fut détruit, inutile et bafoué", lâche l'auteur de la pétition. "Des centaines d'heures de travails pour tomber sur l'inconnu." Le texte demande ainsi au ministère de l'Education nationale d'"assouplir les critères de notations", "pour que cette année corresponde à ce qu'un baccalauréat de Français devrait être".