Aménagement de l’épreuve de philo au bac : "Une décision absurde", selon le président de l’Association des professeurs de philosophie

Jean-Michel Blanquer a vidé l'épreuve de sens, condamne Nicolas Franck, alors que la note de contrôle de continu sera retenue pour le baccalauréat si elle est meilleure que celle de l'épreuve. 

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
L'épreuve de philosophie du Bac (illustration). (MARTIN BUREAU / AFP)

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a transformé l’épreuve de philosophie au baccalauréat "en une mascarade", estime jeudi 6 mai sur franceinfo Nicolas Franck, président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public. Désormais, la note de contrôle continu sera retenue si elle est meilleure que celle de l’épreuve.

Cet enseignant à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) dénonce une "décision absurde" qui n’a plus aucun sens. "Imaginez ce qui va se passer dans les salles d’examens : une partie des élèves, satisfaits de leur note, feront de la figuration, seront là pour la forme. En revanche, les élèves qui voudront prendre au sérieux cette épreuve devront composer dans cette ambiance qui n'est pas une ambiance d'examen. Il n'y aura pas la concentration qu’on a l'habitude de voir dans les salles d'examen et qui, bien souvent, motive les élèves".

Nicolas Franck reproche au ministre de l’Éducation ne pas avoir anticipé les conséquences de cette crise sanitaire.

"Nous avions proposé au ministre il y a un an d'aménager les programmes. Il nous a opposé une fin de non-recevoir. "

Nicolas Franck, professeur de philisophie

à franceinfo

"À l'automne dernier, nous lui avons demandé un aménagement de l'épreuve, pour que les professeurs et leurs élèves travailler sereinement en ayant une visibilité sur ce qui allait se passer. Même fin de non-recevoir. Aujourd'hui, on nous annonce quelque chose qui revient à vider le baccalauréat de sa substance", estime l'enseignant. Le président de l'Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public considère que le ministre a "ajouté le trouble au trouble".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.