Reportage "Cette proximité est l'ADN du gendarme" : en Camargue, la gendarmerie organise des permanences dans les villages sans commissariat ni caserne

En Camargue, une fois par semaine, des gendarmes de la compagnie d’Arles se déplacent dans les petits villages de Raphèle-les-Arles et Moulès pour faciliter la vie de la population.
Article rédigé par Mathilde Vinceneux - édité par franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
En Camargue, des permanences sont organisées depuis un an par les gendarmes dans les villages qui n’ont ni commissariat ni caserne. (MATHILDE VINCENEUX / RADIOFRANCE)

En Camargue, des permanences sont organisées depuis un an par les gendarmes dans les villages qui n’ont ni commissariat ni caserne. Elles ont lieu une fois par semaine avec des gendarmes de la compagnie d’Arles qui se rendent directement à Raphèle-les-Arles et à Moulès, deux villages de 3 500 et 15 00 habitants rattachés à la commune d’Arles, la plus étendue de France. L'objectif est de rendre service aux habitants, faciliter les dépôts de plainte et lutter contre la petite délinquance.

C’est dans le local du garde champêtre à côté de la poste que les gendarmes accueillent le public sans rendez-vous, une matinée par semaine. Les habitants viennent souvent pour de la petite délinquance ou des tracas du quotidien, explique le maréchal des logis-chef, Thibaut Appéré. "On a des petits signalements, des vols de pot de fleurs dans le cimetière, des dégradations, des jeunes qui traînent par-ci par-là. Ou bien les gens viennent nous voir pour des questions sur leur permis, sur leur voiture, pour tel ou tel papier. Ils nous connaissent tous."

Une présence saluée par Gérard Quaix, adjoint délégué au village de Raphèle-les-Arles, car la caserne la plus proche se situe à une dizaine de kilomètres. "Les gens qui ont envie de porter plainte, pour aller sur Arles, c'était compliqué pour eux. Bien souvent ils n'y vont pas. Alors que là, c'est facile", se réjouit-il.

En Camargue, des permanences sont organisées depuis un an par les gendarmes dans les villages qui n’ont ni commissariat ni caserne. (MATHILDE VINCENEUX / RADIOFRANCE)

Dissuader et tranquilliser

"Ici vous venez dans le local du garde champêtre, ce n’est pas du tout la même approche psychologique que d'aller dans une vraie brigade", abonde le chef d’escadron, Florent Gerbal. Pour lui, cette permanence peut aider des victimes vulnérables, de violences conjugales par exemple, à franchir le pas pour déposer plainte. Des ordinateurs portables permettent de le faire ici, sans aller à la gendarmerie centrale. "C'est vraiment une autre opportunité de libérer la parole", estime-t-il.

Ce local n’est qu’à une centaine de mètres du marché où les gendarmes ont l’habitude de patrouiller. "L'idée c'est vraiment de rentrer dans la vie des gens, pour moi c'est l'ADN du gendarme cette proximité qu'on veut travailler au maximum", explique le militaire. Dans la rue, ils sont interpellés sur la circulation ou les motos qui traversent trop vite le village, on parle aussi des cambriolages.

Un vendeur de légumes apprécie : "C'est toujours bien de voir les gendarmes proches des gens. Ça a un effet rassurant. Dans les villages il n'y a pas de gendarmerie et les vols c'est beaucoup dans les villages que ça se fait. Le fait qu'ils soient là je pense que ça dissuade". Dissuader, tranquilliser et surtout être à la disposition de la population : tel est le mot d’ordre lors de ces permanences dans le village de Raphèle-les-Arles.

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