"On a tronçonné Olaf" : comment le zoo d'Amnéville a tenté de faire disparaître le cadavre d'un ours polaire

Selon France Bleu Lorraine, la société qui gère la déchetterie d'Aboncourt, en Moselle, a confirmé qu'elle avait refusé "un cadavre d'ours".

Un ours polaire au zoo d\'Amnéville (illustration).
Un ours polaire au zoo d'Amnéville (illustration). (MAXPPP)

Le zoo d'Amnéville a tenté de faire disparaître le cadavre de l'ours polaire Olaf, figure du zoo de Moselle, décédé d'une mort naturelle le 27 juillet 2018 à 31 ans, révèle France Bleu Lorraine lundi 9 décembre.

"Nous avons refusé un cadavre d'ours le 27 juillet 2018 et nous avons signalé l'incident aux autorités", indiquent la communauté de communes de l'Arc Mosellan, propriétaire de l'ISDND (Installation de stockage des déchets non dangereux) à Aboncourt et la direction qui gère la déchetterie.

Les services vétérinaires du zoo évoquent "une erreur". "Le cadavre de l'ours polaire a été emporté, par erreur, par l'entreprise chargée d'évacuer les déchets. Arrivée au centre de traitement, l'entreprise s'est rendue compte de la méprise et le corps de l'animal a été immédiatement rapporté au parc zoologique", a affirmé dans un communiqué le vétérinaire chef Alexis Maillot, mardi 10 décembre.

L'ours "en cours de décomposition"

Cet été 2018, en pleine canicule, la direction du parc animalier veut faire évacuer au plus vite le cadavre de l'animal. Elle contacte une société de transports à Rombas (Moselle). "On me dit que l'équarisseur est fermé, qu'il faut aller à Aboncourt", un site de retraitement des déchets à une vingtaine de kilomètres d'Amnéville et qui traite les restes des restaurants, plus que les cadavres d'animaux, explique un chauffeur de l'entreprise de transport à France Bleu. Arrivé à Aboncourt, l'ours est en train de se décomposer. "Il faisait une chaleur à crever. Avec les salariés du site, on ne voulait pas le vider", raconte un conducteur. Le cadavre repart au zoo d'Amnéville.

Au parc animalier, un salarié reconnaît : "On a tronçonné Olaf". "On tentait de faire des économies partout, y compris sur l'équarrissage", alors que le zoo est criblé de dettes et en plein redressement judiciaire, raconte une salariée.

Des pratiques douteuses

Alors qu'est devenu le cadavre, une fois tronçonné ? Personne n'est en mesure de le dire à France Bleu Lorraine. Un salarié soupçonne même le parc animalier d'avoir transporté "d'autres animaux à Aboncourt et notamment un lion mort".

Le zoo d'Amnéville est déjà pointé du doigt pour des pratiques douteuses. Une dizaine de salariés et ex-salariés dénoncent notamment le fichage de membres du personnel, des vidanges dans la nature, des employés non déclarés et des animaux enterrés sur place.