Dépôt de plainte contre les organisateurs de corridas : "Il s'agit d'une barbarie absolue", dénonce la présidente de la SPA

Natacha Harry, présidente bénévole de la SPA, a expliqué à franceinfo jeudi pourquoi son association va porter plainte contre les organisateurs de corrida. "Nous irons au bout pour [la] faire abolir en France," a-t-elle promis. 

Des manifestants contre la maltraitance animale, le 5 novembre 2017 à Bordeaux (Gironde).
Des manifestants contre la maltraitance animale, le 5 novembre 2017 à Bordeaux (Gironde). (NICOLAS TUCAT / AFP)
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La Société protectrice des animaux (SPA) poursuit son combat contre la tauromachie. Elle prépare des dépôts de plainte contre les organisateurs de corridas et contre les municipalités qui les accueillent, pour des sévices graves et des actes de cruauté. "Ces pratiques sont d'un autre temps, d'un autre siècle, il s'agit d'une barbarie absolue et il faut que cela cesse dans notre pays", a dénoncé Natacha Harry, présidente bénévole de la SPA, invitée de franceinfo jeudi 9 novembre.

franceinfo : pourquoi choisir la voie judiciaire ? 

Natacha Harry : Il est temps de mener des actions coup de poing et d'accélérer les choses. Ces pratiques sont d'un autre temps, d'un autre siècle, il s'agit d'une barbarie absolue et il faut que cela cesse dans notre pays. Malheureusement, dix départements français ont le droit de pratiquer la corrida. Il faut que nous saisissions la justice pour faire évoluer les choses, afin que de tels actes ne puissent plus avoir lieu. Non seulement pour ne plus faire souffrir les animaux, mais aussi protéger les citoyens, notamment les enfants qui peuvent participer à ce genre de spectacle. Je rappelle qu'en janvier 2016, le comité des droits de l'homme de l'ONU a tiré la sonnette d'alarme en se préoccupant de la situation et de l'exposition des enfants français face à un tel spectacle. Ça n'a que trop duré.

Pourquoi la justice vous donnerait raison ?

Dans le code pénal qui s'applique dans tous les départements, à l'exception de ces dix départements qui ont le droit d'organiser des corridas, les sévices graves et les actes de torture sont réprimés. Dix départements disposent donc d'un régime dérogatoire parce qu'il s'agit d'une tradition locale ininterrompue. Ce que nous attaquons, ce n'est pas la notion de tradition locale ininterrompue mais de course de taureau. 

Les corridas n'ont rien à voir avec une course. Il s'agit d'un ensemble d'actes cruels sur des animaux en captivité au sein d'une arène qui n'ont aucun moyen de se défendre, et qui pendant une dizaine de minutes se voient infliger des coups d'une violence extrême.

Natacha Harry, présidente bénévole de la SPA

à franceinfo

Pourquoi n'êtes-vous pas allés plus tôt devant la justice ?

Il y a beaucoup de combats à mener en même temps. Celui-ci nous semble important aujourd'hui parce que le regard des Français a évolué. Cette pratique est d'une extrême barbarie. Il est temps que cela cesse pour que la législation soit en phase avec les désirs de la société. Il faut faire évoluer les choses, faire bouger la jurisprudence. Beaucoup d'associations anti-corrida locales ont saisi la justice et n'ont pas eu gain de cause. Je ne sais pas si on va gagner chacune de nos batailles sur ce sujet, mais on va gagner la guerre même si ça doit prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Nous irons au bout pour faire abolir la corrida en France.