Corrida : "Il s'agit juste de respecter cette culture, cette différence", revendique le député gersois Jean-René Cazeneuve

Les députés se sont prononcés en commission contre l'interdiction de la corrida, mercredi 16 novembre. La proposition de loi pourra tout de même être examinée dans l'hémicycle. 

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Radio France
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Une corrida aux arènes de Nîmes, le 18 septembre 2022. (JEANCLAUDE.AZRIA / MAXPPP)

"Il s'agit juste de respecter cette culture, cette différence", a revendiqué le député Renaissance du Gers Jean-René Cazeneuve mercredi 16 novembre sur franceinfo, après que les députés se sont prononcés en commission contre l'interdiction de la corrida. "Je ne suis pas pour une France uniforme, aseptisée, je suis pour cette diversité, ce pays aux 246 fromages comme le disait le Général de Gaulle", a-t-il ajouté.

franceinfo : Pourquoi êtes-vous contre l'interdiction de la corrida ?

Jean-René Cazeneuve : Il ne s'agit pas de forcer qui que ce soit à aimer la corrida. Je peux parfaitement comprendre qu'on n'aime pas, que le spectacle ne vous dise rien et d'ailleurs la grande majorité des Français n'ont jamais vu de corrida. Il ne s'agit de convaincre personne, en revanche il s'agit de comprendre que ça fait partie d'une culture très ancienne qui est liée à la feria, aux bandas, c'est toute cette culture du Sud-Ouest qui trouve son apothéose dans quelques villes de France. On parle de quelques exceptions puisqu'il y a 56 villes en France sur les 35 000 communes au total où on peut encore faire des corridas. Il s'agit juste de respecter cette culture, cette différence. Je ne suis pas pour une France uniforme, aseptisée, je suis pour cette diversité, "ce pays aux 246 fromages" comme le disait le Général de Gaulle. Je suis pour éviter de dicter depuis Paris ce que doivent faire les uns et les autres, ce que doivent manger les uns et les autres, ce que doivent penser les uns et les autres.

Mais comment concilier bien-être animal et corrida ?

On voit bien que c'est un prétexte, la corrida. Si on veut s'attaquer au problème du bien-être animal, il faut s'attaquer aux sujets de maltraitance des animaux domestiques, des chiens abandonnés, des chats en errance, des personnes qui ont des boas dans des cages chez elles, c'est ça la maltraitance animale si on veut s'attaquer à une maltraitance importante. Là, on ne parle que de 800 taureaux. Quelle est la hiérarchie ? Il faut un petit peu hiérarchiser nos priorités. Nous mangeons trois milliards d'animaux en France chaque jour. Et puis est-ce que la priorité des Français est de fermer les corridas ? Je ne crois pas. Je pense que la priorité des Français, c'est le prix de l'essence, c'est l'inflation, c'est la guerre en Ukraine.

La proposition de loi interdisant la corrida sera débattue à l'Assemblée nationale à la fin du mois. Aymeric Caron estime que le vote montrera si les députés sont vraiment libres ou pas. Vous qui êtes opposé à cette interdiction, vous sentez-vous libre ?

Plus que libre. C'est quand même assez drôle d'entendre ça de la part d'Aymeric Caron dont le premier argument est de dire que 80% des Français sont contre la corrida. Si on faisait de l'électoralisme pur et dur, au contraire, on voterait pour l'arrêt immédiat des corridas. Ce n'est pas le cas. C'est une conviction que ces cultures locales sont très importantes dans les identités de la France. Il ne faut pas non plus se tromper, on sait ce qu'il y a derrière les propos d'Aymeric Caron : il veut interdire le foie gras, il veut interdire la viande. C'est la première étape d'une longue série d'interdiction.

Les députés de la majorité sont divisés à ce sujet. Y a-t-il eux des débats au sein de votre groupe ?

Oui, très vifs. C'est un débat sociétal. Dans notre groupe, il y a beaucoup de gens qui sont contre la corrida. C'est vrai dans pratiquement tous les groupes, où il y avait cette division, ce sentiment personnel. Je comprends parfaitement qu'on n'aime pas la corrida. En revanche, dès qu'il s'agit de défendre les traditions culturelles françaises, là vous avez déjà beaucoup plus de monde, et dès qu'il s'agit de lutter contre ce mouvement antispéciste qui veut nous dicter ce que nous aurions le droit de manger ou pas, là il y a encore plus de monde et il y a une majorité très importante à l'Assemblée nationale pour voter contre ce genre de loi.

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