VRAI OU FAKE VIDEO. L'eau de Rouen a-t-elle été contaminée après l'incendie de l'usine Lubrizol ?

A la suite de l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, plusieurs vidéos d’eau troubles sortant des robinets ont circulé sur les réseaux sociaux. Y’a-t-il un lien avec l’accident survenu jeudi dernier ? Nous sommes allés jeter un oeil dans les canalisations.

La vidéo de Jade Audou, étudiante à Rouen a été vue 1 600 000 fois depuis deux jours. On y voit son évier se remplir d'une eau noîratre. "Hier soir, j’allais allumer mon robinet pour avoir l’eau tiède lorsqu'une eau très foncée noire est sortie", nous explique-t-elle encore surprise. "On voit encore des tâches, ça a fait un gros jet noir. Tout de suite, j’ai fait le rapprochement avec l’incendie. Je ne sais pas si ça a un lien ou pas mais j’ai eu un peu de psychose."

Une psychose largement relayée sur les réseaux sociaux.

L’immeuble de Jade est situé à cinq kilomètres à vol d’oiseau de l’usine incendiée. Nous avons frappé aux portes de ses voisins. Aucun n’a constaté d'incidents. La gérante d'une entreprise de plomberie basée à Rouen, Sandrine Dumoulin affirme n'avoir reçu aucun appel pour des problèmes similaires depuis l’incendie. Selon elle, aucun doute, il s’agit d’un cas isolé : "Ce n'est pas possible que ce soit Lubrizol qui pollue un seul et unique appartement sur un ensemble de vingt logements. Toutes les habitations seraient contaminées de la même façon car l’eau arrive par le même endroit." Selon elle, le problème proviendrait plutôt d'une défaillance de l'installation de Jade.

A la métropole qui gère la distribution d’eau dans toute la ville, le directeur Eric Herbet exclut tout lien avec l’usine incendiée : "Ça ne peut pas avoir de lien avec l’incendie. Je peux vous garantir que l’eau est contrôlée quotidiennement depuis jeudi, l’eau est parfaitement potable." L’agence régionale de santé dans un communiqué affirme que l’eau du robinet peut donc être consommée sans danger en Seine-Maritime, y compris dans les zones touchées par les panaches de fumée.