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Yannick Moreau remet son rapport sur les retraites

La présidente de la Commission sur les retraites, Yannick Moreau, va remettre son rapport sur les réformes à mener à Matignon vendredi matin à 10 heures. Les détails ne sont pas encore connus, mais les grandes lignes ont fuité. Certaines sèment déjà la panique chez les futurs retraités.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Jacques Witt Reuters)

Ce rapport Moreau, qui sera
remis au Premier ministre ce vendredi matin, est présenté comme une boîte à
outils à disposition du gouvernement. À charge pour lui de piocher dans les
différentes pistes. Elles seront détaillées dans la journée, mais plusieurs
d'entre elles sont déjà connues.

Rallonger la durée de
cotisation

Dans le rapport, il est
question de rallonger la durée de cotisation qui donne droit à une retraite à
taux plein. Cela signifie travailler plus longtemps, de deux à trois ans de
plus. La durée passerait ainsi de 41 ans à 43 ou 44 ans de cotisations.

Cette mesure a dors et déjà été qualifiée
d'inacceptable et d'hypocrite par Jean-Claude Mailly. "Pour une génération
née en 1989, qui entre sur le marché du travail en moyenne aujourd'hui à 24
ans, ça signifie qu'il faudra attendre 68 ans pour avoir une retraite à taux
plein quand l'espérance de vie en bonne santé est à 62 ans pour les hommes et
63 ans pour les femmes."

La question des
fonctionnaires 

Autre sujet très sensible, les pensions de retraite
des fonctionnaires. Aujourd'hui elles sont calculées sur les six derniers mois
de la carrière professionnelle – c'est là que le salaire est le plus élevé. Dans
le privé, le calcul se fait sur les 25 dernières années. Ainsi, à l'heure
actuelle, un fonctionnaire à la retraite touche un tiers de plus qu'un retraité
du privé (1.900 euros par mois pour un ancien fonctionnaire contre 1.200 pour
un ex salarié du privé)

Pour réduire cet écart, il s'agirait de calculer les
pensions des fonctionnaires non plus sur leurs six derniers mois de salaires,
mais sur 3 voire 10 ans. Pas question de revoir les règles de calcul pour Philippe
Pihet de Force Ouvrière. Si les fonctionnaires touchent plus, c'est parce qu'il
y a plus de cadres, donc plus de salaires élevés, dans le public que dans le
privé.

Reste qu'à niveau de salaire équivalent, les pensions
de retraite seraient tout de même un peu plus élevées dans le public que dans le privé. Pour Danièle Karniwiecz,
de la CFE CGC il faut aujourd'hui lever ces doutes. "Les salariés du
secteur privé sont prêts à faire des efforts explique-t-elle mais si on demande
des efforts à tout le monde. Ils en ont assez d'avoir l'impression eux de
toujours baisser leur taux de rendement sur les retraites."

Les fonctionnaires ne resteront pas l'écart, a promis
la ministre des Affaires Sociales avant de tempérer :

"Il ne faut pas faire
des fonctionnaires les boucs émissaires de cette réforme des retraites."

Quid des personnes déjà à la
retraite ?

Une dernière question se
pose. Les personnes déjà à la retraite seront-elles mises elles aussi à
contribution ?  Le gouvernement
optera-t-il pour une augmentation de la CSG pour les retraités ou choisira-t-il
de ne plus revaloriser les pensions aussi vite que l'inflation ? Cela ferait
baisser le pouvoir d'achat des retraités.  

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