Partisans et adversaires du droit de vote aux étrangers se font entendre devant le Sénat

Jeudi 8 décembre, le Sénat a examiné une proposition de loi en faveur du droit de vote des étrangers non-communautaires aux élections locales. L'occasion pour les partisans et les adversaires de ce texte de manifester devant le Palais du Luxembourg.

Marine Le Pen manifeste devant le Sénat contre led roit de vote des étrangers
Marine Le Pen manifeste devant le Sénat contre led roit de vote des étrangers (MARTIN BUREAU / AFP)

Jeudi 8 décembre, le Sénat a examiné une proposition de loi en faveur du droit de vote des étrangers non-communautaires aux élections locales. L'occasion pour les partisans et les adversaires de ce texte de manifester devant le Palais du Luxembourg.

A chaque camp, sa manifestation ! Les partisans et les adversaires du droit de vote des étrangers sont séparés géographiquement par les forces de police. La précaution a été inutile. Il n'y a pas eu de confrontation puisque chaque regroupement se tenait à des heures différentes.

La rue comme tribune

D'un côté, rue de Tournon, en face du Sénat, les opposants au droite de vote des étrangers non-communautaires font le pied de grue sous une pluie fine. Une cinquantaine de personnes applaudissent l'arrivée de Marine Le Pen aux cris de "Marine présidente".

La candidate du Front national redit son opposition à ce droit de vote "indissolublement lié à la nationalité". Elle évoque ensuite" l'arme supplémentaire donnée aux fondamentalistes islamiques pour faire plier la République et nos lois".

Mais son propos se fait plus politique ensuite. Elle accuse les socialistes d'arrières-pensées. "Le but du PS est de récupérer de nouvelles clientèles électorales. Le PS veut récupérer les étrangers parce qu'il a perdu le peuple français, les ouvriers et travailleurs", affirme la candidate frontiste.

Ecran géant

Les équipes du FN ont dressé, dans la rue, un écran géant qui diffuse un petit clip rappellant les propos de Nicolas Sarkozy en faveur du droit de vote des étrangers.

Un peu plus tôt devant les journalistes elle considére que M.Sarkozy a changé d'avis "parce qu' il s'est aperçu que le vote des étrangers ne lui aurait pas été favorable."

"Cette homme n'est pas fiable", proclame t-elle ensuite à la tribune improvisée.

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Récupération politique ?

Une heure plus tard et 100 mètres plus haut, devant les grilles du jardin du Luxembourg, manifeste le collectif "Votation citoyenne". Il regroupe les partis de gauche, des associations comme la ligue des droits de l'homme ou les confédérations syndicales. Une cinquantaine de personnes écoutent, également, les discours du collectif.

Eva Joly, candidate d'Europe-Ecologie à l'élection présidentielle, est dans la foule. Mais elle ne prendra pas la parole au mégaphone pour ne pas être accusée de récupération politique, selon son entourage. Elle prend néanmoins le temps de répondre aux journalistes et assure un duplex en direct pour une chaîne info.

"Il y a un vrai clivage entre la conception du Front national qui veut le repli sur soi, qui est une France étriquée et une France qui n'existe plus surtout (...) Aujourd'hui la France elle est colorée, elle est cosmopolite et nous ne pouvons pas faire en sorte de revenir à la France telle qu'on la rêvait sous la IIIe République", explique Mme Joly.

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Jean-Vincent Placé,sénateur EELV, se défend de toute visée politique en inscrivant cette proposition de loi à l'ordre du jour du Sénat avant les élections présidentielles.

Mais lui aussi se moque des revirements du président de la République. "C'est indigne de sa part. Il ne tient pas sa parole. Mais c'est surtout stupide politiquement puisque l'opinion publique y est favorable".

"Cela ne fait que renforcer les thèse du Front national", conclut-il répondant aux critiques de l'UMP pour qui ce projet est un chiffon rouge agité devant les électeurs du FN.

Si Marine Le Pen a quitté les abords du Sénat dès son discours prononcé, Eva Joly, elle, est restée dans les tribunes du Palais du Luxembourg pour assister aux débats parlementaires.