Violences conjugales : faut-il lever le secret médical ?

Faut-il sacrifier le secret médical pour tenter de sauver les vies des femmes battues ? La ministre de la justice Nicole Belloubet y est favorable. Les médecins lui répondent dans une tribune, dans laquelle ils appellent à respecter le choix des victimes. 

France 2

Ils sont souvent les premiers à recueillir la parole des victimes de violences conjugales, à poser les yeux sur leurs blessures. Faut-il autoriser les médecins à rompre leur secret médical pour protéger les victimes ? La psychiatre Marie-France Hirigoyen y est favorable. Deux fois dans sa carrière, elle a été confrontée à des patientes sous emprise, en grand danger. "Ces femmes-là sont paralysées dans leur défense. Il peut arriver qu'elles aient besoin que l'on décide pour elle, juste ponctuellement, à condition qu'il y ait un suivi judiciaire adéquat."

Trois exceptions permettent de lever le secret médical

Protéger les victimes contre leur gré serait contre-productif selon un autre médecin. "Si elle vient, qu'elle raconte des horreurs et que je signale des faits dont elle ne veut pas parler, je ne la reverrai plus jamais, c'est évident", précise le docteur Emmanuelle Piet, médecin en centre de protection maternelle et infantile. Le Code pénal prévoit trois exceptions au secret médical : quand la victime autorise le médecin, quand elle est mineure, ou en incapacité physique et psychique.

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Une affiche contre les fémincides, le 5 septembre 2019.
Une affiche contre les fémincides, le 5 septembre 2019. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)