Montres connectées, téléphones portables : des outils précieux pour la résolution d'enquêtes criminelles

Alors que s'ouvre mardi 7 septembre à Lille le Forum International de la Cybersécurité, la preuve numérique serait-elle devenue la "reine des preuves" ? Les enquêteurs disposent en tous cas d'outils essentiels dans leurs investigations.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Le laboratoire d’extraction de données, du centre national d’expertise numérique de la gendarmerie, à Pontoise. (DAVID DIGIACOMO / FRANCE-INFO)

Au moment de lancer les investigations, les cyber-enquêteurs parlent désormais du "gel numérique" d'une scène de crime. Entre télévision, console, assistants vocaux ou encore frigo, tous ces objets de la vie courante reliés à internet peuvent se transformer en véritables mouchards. Plusieurs dizaines d'objets connectés dans un seul et même domicile peuvent être saisis, et notamment les montres connectées. 

"On en a effectivement un nombre croissant, y compris dans les dossiers sensibles", confirme le colonel Nicolas Duvinage, chef de la division de l'appui aux opérations numériques de la gendarmerie.

"Les montres connectées, ça peut être une géolocalisation, ça peut être un nombre de pas. La personne nous dit 'je dormais' ou 'j'étais à mon bureau', et on se rend compte qu'en fait elle a fait 'x' pas sur le créneau qu'elle nous indique."

Colonel Nicolas Duvinage

à franceinfo

Des preuves déterminantes dans les affaires de violences conjugales

Dans le huis-clos des affaires de violences conjugales, la preuve numérique s'avère là aussi de plus en plus déterminante. "On peut avoir du côté de la victime des photos, des vidéos ou des enregistrements sonores qui démontrent de vifs moments, de très grande tension avec l'auteur", poursuit le colonel Nicolas Duvinage. "On a aussi parfois des auteurs qui espionnent leur conjoint ou leur conjointe à leur insu avec des caméras, des mouchards informatiques... et donc la preuve numérique peut être à charge ou à décharge."

Il est pourtant parfois très compliqué de faire parler un téléphone lorsqu'il a été endommagé. La mission est donc confiée au centre national d'expertise numérique de la gendarmerie, une sorte de bloc opératoire pour objets connectés dirigé par le lieutenant-colonel Cyril Debard. "Un téléphone qui est resté immergé dans l'eau pendant un petit moment, on va le faire sécher, on va le nettoyer et on va ouvrir le composant pour accéder directement à la donnée, et la rendre exploitable et intelligible. Et il y aura une mission précise pour extraire tous les sms, toutes les photos qui sont présentes."

Les données de géolocalisation des téléphones elles aussi sont très précieuses. Récemment sur la Côte d'Azur, elles ont directement conduit les enquêteurs au butin d'un gang de cambrioleurs. Pour mieux coordonner l’ensemble des gendarmes qui luttent contre les différentes menaces cyber et l’ensemble de la cybercriminalité, la gendarmerie nationale vient de mettre en place le ComcCyberGend, le commandement cyber de la gendarmerie nationale, qui doit former un réseau de 10 000 cyber-enquêteurs.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Violences faites aux femmes

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.