Maroc : mobilisation après le calvaire d'une adolescente violée et torturée pendant deux mois

Le hashtag #JusticePourKhadija, accompagné d'un dessin de femme nue, tatouée et le visage barré d'un "SOS" est devenu viral ces derniers jours, après la publication de son témoignage dans des médias marocains.

Khadija Okkarou, 17 ans, affirme avoir été enlevée devant chez sa tante, à Fkih Ben Salah, dans le centre du Maroc, au mois de mai.
Khadija Okkarou, 17 ans, affirme avoir été enlevée devant chez sa tante, à Fkih Ben Salah, dans le centre du Maroc, au mois de mai. (GOOGLE MAPS / FRANCEINFO)

Ce témoignage glaçant d'une barbarie sans nom choque le Maroc, et bien au-delà. Le récit du calvaire vécu par une adolescente marocaine, Khadija, qui rapporte avoir été kidnappée, violée et torturée pendant deux mois par quatorze hommes, suscite une importante mobilisation sur les réseaux sociaux.

Une pétition pour lui venir en aide a été lancée et recueillait, lundi 27 août, plus de 13 000 signatures. Le hashtag #JusticepourKhadija, accompagné d'un dessin de femme nue, tatouée et le visage barré d'un "SOS" est devenu viral ces derniers jours, après la publication de son témoignage dans des médias marocains.

Brûlée, violée et tatouée pendant deux mois

Sur une vidéo publiée le 21 août par Chouftv, Khadija Okkarou, 17 ans, affirme avoir été enlevée au mois de mai devant chez sa tante, à Fkih Ben Salah, dans le centre du pays, par des hommes connus pour appartenir à une "bande dangereuse""Ils m'ont séquestrée pendant près de deux mois, violée et torturée, (...) je ne leur pardonnerai jamais, ils m'ont détruite", dit-elle, montrant les stigmates des sévices infligés, tatouages graveleux et brûlures de cigarettes. "Je n’arrêtais pas de pleurer et j’ai essayé de fuir à plusieurs reprises, mais ils ont réussi à m’attraper", raconte-t-elle à l'hebdomadaire Telquel, ajoutant que ses tortionnaires "ne (lui) donnaient ni à manger ni boire et ne (l)’autorisaient pas à (se) laver ".

Après plusieurs semaines de torture, ses bourreaux ont proposé de négocier avec sa famille le retour de Khadija, à condition que la police ne soit pas prévenue, rapporte le Huffpost Maghreb. C'est la jeune femme qui a finalement décidé de briser le silence, quelques jours plus tard.

Au total, 12 personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire, a indiqué à l'AFP Naima Ouahli, membre de l'Association marocaine des droits humains à Beni Mellal, près de Fkih ben Saleh. L'audience devrait se tenir le 6 septembre prochain.

Le tatoueur tunisien Wachem "Fawez le tatoueur" a annoncé, samedi 25 août, avoir contacté le père de Khadija pour la faire venir en Tunisie et trouver une solution pour effacer les tatouages infligés par ses bourreaux.