Grenelle contre les violences conjugales : un an après, les associations se demandent "où ont été créées les 1 000 places d'hébergement"

La grande concertation lancée par le gouvernement il y a un an tarde à montrer des résultats probants. La promesse des 1 000 places d'hébergement pour les femmes victimes de violences n'a pas été tenue selon les associations. 

Article rédigé par
Margaux Stive, édité par Adrien Bossard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Marche des familles de victimes de feminicide, le 3 septembre 2019 à Paris. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

En déplacement à la maison des femmes de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, mercredi 2 septembre, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la création de 1 000 nouvelles places d'hébergement pour les femmes victimes conjugales, l'an prochain. Elles s'ajouteront aux 1 000 déjà promises lors du Grenelle. Une mesure phare de la grande concertation lancée par le gouvernement, il y a un an, le 3 septembre 2019. Mais les associations assurent n'en avoir jamais vu la couleur. "On ne sait pas où ont été créées ces 1 000 places d'hébergement, se demande Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. On ne sait même pas si des associations y ont eu droit, si elles ont vraiment été créées. Même la ministre est incapable de le dire."

Élisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, assure pourtant que ces places existent bel et bien. Mais où ? Son cabinet indique qu'un audit est en cours pour que chaque préfet puisse faire remonter les informations. Il devrait y avoir une réponse d'ici fin novembre, précise le cabinet de la ministre. 

"On n'est pas du tout dans un accompagnement qualitatif"

Concernant le type d'hébergement dans lequel les femmes victimes de violences conjugales sont et seront accueillies à l'avenir, Anne-Cécile Mailfert se dit plutôt inquiète. "Dans l'hébergement d'urgence, on n'est pas du tout dans un accompagnement qualitatif, regrette la présidente de la Fondation des femmes. Typiquement, cela peut être un hôtel social. La dame est dans une chambre. Et dans celle d'à-côté, il y a quelqu'un d'autre. Ça peut être un homme qui sort de prison. Il peut y avoir des situations qui font très peur aux femmes." 

Tout est question d'argent. Pour l'instant, l'appel à projet du Grenelle prévoit un budget de 25 euros par place et par jour d'hébergement. En réalité, cela coûte plus du double selon les associations. Un sujet sur lequel le gouvernement est au travail, indique-t-on au cabinet d'Élisabeth Moreno. 

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